finances. / 167
ennemis ne s’en rendissent pas les maîtres. Ledésordre s’accrut tellement et fut fl peu réparé quelong-temps après la pais, au commencement del’année 171 ç , le roi fut obligé de faire négociertrente-deux millions de billets, pour en avoir huiten espèces. Enfin il laissa à fa mort deux milliarslìx cents millions de dettes , à vingt-huit livres lemarc, à quoi les espèces fe trouvèrent alors rédui-tes ; ce qui fait environ quatre milliars cinq centsmillions dè notre monnaie courante en 1660.
11 est étonnant, mais il est vrai, que cetteimmense dette n’aurait point été un fardeau impos-sible à soutenir , s ! il y avait eu alors un com-merce florissant, un papier de crédit établi, etdes compagnies solides qui eussent répondu dece papier, comme en Suède , en Angleterre, àVenise et en Hollande. Car lorsqu’un Etat puis-sant ne doit qu’à lui-même, la confiance et lacirculation suffisent pour payer. ( 3 4) Mais il s’eafallait beaucoup que la France eût alors assez deressorts, pour faire mouvoir une machine si vasteet si compliquée, dont le poids l’écrasdit.
(34) Ceci paraît demander quelques restrictions. I®. I! eftclair que íì Pintérêtde la dette surpasse la totalité des reve-nus , ii est impossible de le payer. 2 °. fì la dette annuelle alane proportion très forte avec le revenu , Pintérét qu’ontles propriétaires à veilUrsur leurs biens diminue ; s’ils fontcultivateurs , les sommes, qn’ils peuvent employer à aug-menter les produits de la terre , font moins fortes ; s’ilsafferment, iis font obligés, pour fe soulager d’une partiede !a dette , de retrancher sur !e profit qu'iîs laissent aufermier, et la culture languit ; la richesse diminue s^onc,et l’.Etac s obère de plus en plus,