FINANCES.
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'Louis XIV , dans son règne, dépensa'dis-hiilt milliars , ce qui revient,, année commune,à trois cents trente millions d’aujourd’hui, encompensant l’une par l’autre les augmentationset les-diminutions numéraires des monnaies.
Sous l’administration du grand Colberi , lesrevenus ordinaires de ia couronne n’allaient qu’àcent dix-íèpt millions , à vingt-sept livres, et puisà vingt-huit livres le marc d’argent. Ainsi tout lesurplus fut toujours fourni en affaires extraor-dinaires. C'olùert, le plus grand ennemi - de cettefuneste ressource, fut obligé d’y avoir recourspour servir promptement. li emprunta huit centsmillions, valeur de notre- temps » dans la guerrede 167^. II restait au roi très-peu d’anciensdomaines de la couronne. Ils font déclarés inalié-nables par tous les parlemens du royaume ; etcependant ils sont presque tous-aliénés. Le revenudu roi consiste aujourd’hui dans celui de fes sujets ;;c’est une circulation perpétuelle de dettes et depayemens. Le roi doit eux citoyens plus de mil-lions numéraires par an, fous le nom de rentesde rhôîd-de-viiie, qu’aucan roi n’eo a jamaisretirés des domaines de la couronne. -
Pour íe faire une idée de ce prodigieux accrois-sement de taxes, de.dettes, ds richesses, de cir-culation , et en même temps d'embarras et de pei-nes , qu’on a éprouves en France et.dans les autrespays , on peut considérer qu’à la mort de François lP.iicat devait environ trente, mille livres de rentesperpétuelles fur l’hôtel-de-vilie, et qu’à présentil en doit plus de. quarante-cinq millions.
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