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Euhan, chef des hérétiques rebelles, continuaittoujours la guerre pourTon parti : et abandonnédes Anglais , quoique jprotestans, il se liguaitavec les Espagnols , quoique catholiques. Mais'îa conduite ferme du cardinal de Richelieu forçales b uguenots,battus de tous côtés,à fe soumettre.
Tous les édits qu'on leur avait accordés juí-qu’alors avaient été des traités avec les rois. Ri-chelieu voulut que celui qu'iì fit rendre fut appeléYédit de grâce. Le roi y paria en souverain quipardonne. On ôta l’exercice de la nouvelle reli-gion à la Rochelle , à l’ìle de Ré , à Oléron , àPrivas, à Pamiers; du reste on laissa subsisterl’édit de Nantes, que les calvinistes regardèrenttoujours comme leur loi fondamentale.
II paraît étrange que le cardinal de Richelieu ,fi absolu et si audacieux, n’abolit pas ce laineuxédit : il eut alors une autre vue, plus difficilepeut-être à remplir, mais non moins conforme àl’étendue de son ambition et à la hauteur de sespensées. II rechercha la gloire de subjuguer lesesprits ; il s’en croyait capable par ses lumières,par fa puissance et par fa politique. Son projetétait de gagner quelques prédicans que les réfor-més appelaient alors ministres , et qu’on nommeaujourd’hui pasteurs, de leur faire d’abord avouerque le culte catholique n’était pas un crime de-vant Dieu , de les mener ensuite par degrés, deleur accorder quelques points peu importans, etde paraître aux yeux de la cour de Rome ne leuravoir rien accordé. II comptait éblouir une par-tie des réformés , séduire i’autre par les présenset par les grâces, et avoir enfin toutes les appa-