44
la fatisfa&ion d’abonder en égards pour une Nation amie quile couvroit par fon attachement. C’eft ce qui s’éclaircit parun procès verbal de M. d’Agueffeau qui fera repréfenté fousla datte précife du.1689.
L’ordonnance des fermes de 1687. rencontroit des obfta-cles où des difficultés dans quelques provinces du Royaume.M. d’Agueifeau fut envoyé pour en connoître l’efpece, lesapprofondir & les lever. Arrivé à Lyon, ce Magiftrat célébréépuifa les détails qui pouvoient l’amener à prendre une con-noiffance exaéte des produits que la Douane étoit en état dedonner. Les Franchifes des Suiffes ne lui échappèrent pas,il jugea néceffaire de conftater le vuide que laiffoit dans lamaffe du produit des fermes du Roy l’exercice de ces Fran-chifes.
„J’ai voulu, eft-il dit dans fon procès verbal, vérifier„ la quantité des marchandées qui étoient entrées dans Lyon,„ fous le nom des Suiffes & des droits qu’elles auroient payés,„ & j’ai trouvé, fuivant l’état qui en a été fait, qu’il y eft
„ entré pendant les dix dernieres années le nombre de..
„ qui auroient payé pour les droits ordinaires dans ces dix an-„ nées 1,088» 758- Liv. Ainfi on peut tabler que par an-„ née commune les marchandées que les Suides font entrer„ en franchife à Lyon produiroient l’à-peu-près de 1 io,ooo.Liv.„
Arrêtons, fur l’époque de ce procès verbal poftérieur dequatre ans à la révocation de l’édit de Nantes en 168? > lesProteftans François réfugiés à Zurich & dans d’autres Can-tons qui fuivent la réforme y avoient porté leurs fonds &leur induftrie, & ce fecours fans doute avoit aidé à l’accroif-fement du Commerce que ces Cantons faifoient habituelle-ment en France. Cependant cette époqne n’auroit produiten tout pour les recouvremens qu’un peu moins de 110,000.Livres » & pour la concurrence avec le Commerce nationalqu’environ 2,000,000, Livres, les droits fur les marchandéesétant ou à peu-près portés à f. pour Cent. Quelle idéeces remarques n’impriment - elles pas du très-peu d’importancede ce même Commerce que les Suiffes faifoient anciennement,en conféquence aufîi de la facilité qu’avoient alors nos Roisde gratifier les Suiffes, fans préjudicier à leurs fujets !
Si ces calculs avoient toujours été les mêmes, fi ce vui-de n’avoit dû faire aucun progrès, nul doute que les Suiffesne puffent fe flatter de retrouver encore les mêmes complai-
fances.