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fances. Elles feroient dues aux liens de l’ancienne amitiéqui confacre à jamais l’union des deux Puilfances, & les Fran-çois eux - mêmes , les Négocians François approuveront &applaudiroient aux égards de toute efpece que le Roi voudroitbien leur marquer.
Mais que nous fommes loin de la lituation connue &conftatée en i£89- Elle fut de nouveau revue & vérifiée en1751. & le relevé fait des fix années du Bail qui avoit étépafle fous le nom de la Rue, & qui venoit d’expirer, prouvaque les 110,000. Livres de 1689. formoient en 1751. un ob-jet de 700,000. Livres, c’eft-à-dire, que les Suides aidés desFrançois réfugiés avoient plus que fextuplé la malfc de leurCommerce, & les pertes qu’il nous fait effayer. $
Qu’on n’imagine pas que ce dernier calcul foit le nonplus ultra de ces pertes réelles. 11 a fallu encore pour fe met-tre en état d’exécuter le dernier Traité réitérer ce procédéfur la fin de l’année derniers, & cette nouvelle épreuve faitefur les calculs des fix années du bail fous le nom d’Alaterre,a produit quant aux droits de perte pour le Roi, réduite parannée 1, 200, 623. Livres, 17. Sols, 9. Den. & quant au Com-merce nationnal 24,000, 000. & plus, de tant moins de con-fommation des Manufactures françoifes. Moyennant quoi en-core , & à fuivre la même progrefiion, il arriveroit un jourque la France couverte des objets qu’y importent les LouablesCantons n’auroit plus les moyens de produire elle - même nuide tous les articles du Commerce que les Suilfes y font, &qu’elle dépendroit pour fa confommation des prix qu’ils vou-droient bien y mettre.
Et le Corps Helvétique ne reconnoîtroit pas que l’abuseft extrême & qu’il faut ramener à des moyens plus juftes ladétermination qu’il s’agit d’arrêter ! Il ignoreroit donc que,quelque fut l’excès des libéralités que les Rois pourroient faire,quelque pût être encore le titre par lequel ils confacreroient cetexcès , ils ne peuvent pas aliéner les relfources de fubfiftancequi appartiennent à leurs fujets , ou que ceux - ci du moinsen tout état de caufe les revendiqueroient avec fuccès.
Ce n’elfc pas que le texte ni l’efprit du Traité nécelîitecette reffource , il ne faut que le lire dans le vrai fens qu’iloffre & qu’on n’a que trop altéré, pour y voir au contraireque jamais l’intention n’a été de donner aux Suilfes , auxFrançois commerçans les uns chez les autres nulle préférencefur les fujets. Reprenons