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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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LE DÉPIT AMOUREUX,

8 '»

SCÈNE IL

ERASTE, MARINETTE, GROS-RENÉ.GROS-RENÉ.

St, Marinette !

MARINETTE.

Ho ! ho ! Que fais-tu là ?

GROS-RENÉ

Ma foi,

Demande, nous étions tout à l’heure sur toi.

MARINETTE.

Vous êtes aussi là, monsieur ! Depuis une heureVous m’avez fait trotter comme un Basque, ou je meure.

ÉRASTE.

Comment?

MARINETTE.

Pour vous chercher j’ai fait dix mille pas,

Et vous promets, ma foi...

ÉRASTE.

Quoi ? *

MARINETTE.

Que vous n’êtes pas

Au temple, au cours, chez vous, ni dans la grande place (1).

GROS-RENÉ.

Il fallait en jurer.

ÉRASTE.

Apprends-moi donc, de grâce,

Qui te fait me chercher ?

MARINETTE.

Quelqu’un, en vérité,

Qui pour vous n’a pas trop mauvaise volonté ;

Ma maîtresse, en un mot.

ÉRASTE.

Ah ! chère Marinette,

Ton discours de son cœur est-il bien l’interprète ?

Ne me déguise point un mystère fatal ;

Je ne t’en voudrais pas pour cela plus de mal :

(0 Temple est peut-être Ici pour église. Peut-être aussi, comme il yavait autrefois au Temple un jardin public , on disait aller au Temple,comme on dit aller aux Tuileries. Le cours existe encore : c’est lapartie des Champs-Elysées qui porte le nom de Cours-la-Reine, en mé-moire de Médicis, qui le lit planter. Enfin, la grande place désignée iciost la place Royale.