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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE II, SCÈNE I.

D’un soin particulier avait fait des largesses;

Et (pie sa mère (it un secret de sa mort,

De son époux absent redoutant le transport,

S’il voyait chez un autre aller tout l’héritageDont sa maison tirait un si grand avantage ;

Quand , dis-je, pour cacher un tel événement,

La supposition fut de son sentiment,

Et qu’on vous prit chez nous, où vous étiez nourrie(Votre mère d’accord de cette tromperieQui remplaçait ce fils à sa garde commis),

En faveur des présents le secret fut promis.

Albert ne l’a point su de nous ; et pour sa femme ,L’ayaut plus de douze ans conservé dans son âme,Comme le mal fut prompt dont on la vit mourir,Son trépas imprévu ne put rien découvrir ;

Mais cependant je vois qu’il garde intelligenceAvec celle de qui vous tenez la naissance.

J’ai su qu’en secret même il lui faisait du bien,

Et peut-être cela ne se fait pas pour rien.

D’autre part, il vous veut porter au mariage ;

Et, comme il le prétend, c’est un mauvais langage.Je ne sais s’il saurait la suppositionSans le déguisement. Mais la digressionTout insensiblement pourrait trop loin s’étendre :Revenons au secret que je brûle d’apprendre.

ASCAGNE.

Sachez donc que l’amour ne sait point s’abuser,

Que mon sexe à ses yeux n’a pu se déguiser,

Et que ses traits subtils, sous l’habit que je porte,Ont su trouver le cœur d’une fille peu forte :

J’aime enfin.

FROSINE.

Vous aimez !

ASCAGNE.

Frosine, doucement.

N’entrez pas tout à fait dedans l’étonnement ;

11 n’est pas temps encore ; et ce cœur qui soupireA bien, pour vous surprendre, autre chose à vous dire.

FROSINE.

Et quoi ?

J’aime Valère.

ASCAGNE.

FROSINE.

Ah ! vous avez raison.

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