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LE DÉPIT AMOUREUX,
SCÈNE IX.
LUCILE ALBERT, YALÈRE , MASCARILLE.
MASCARILLE.
Seigneur Albert, au moins silence. Enfin , madame,Toute chose conspire au bonheur de votre âme ;
Et monsieur votre père, averti de vos feux ,
Vous laisse votre époux, et confirme vos vœux,Pourvu que, bannissant toutes craintes frivoles,Deux mots de votre aveu confirment nos paroles.
LUCILE.
Que me vient donc conter ce coquin assuré ?
MASCARILLE.
Bon ! me voilà déjà d’un beau titre honoré.
LUCILE.
Sachons un peu, monsieur, quelle belle saillieFait ce conte galant qu’aujqurd’hui l’on publie ?
VALÈRE.
Pardon, charmant objet ! un valet a parlé,
Et j’ai vu, malgré moi, notre hymen révélé.
LUCILE.
Notre hymen?
VALÈRE.
On sait tout, adorable Lucile,
Et vouloir déguiser est un soin inutile.
LUCILE.
Quoi î l’ardeur de mes feux vous a fait mon époux ?
VALÈRE.
C’est un bien qui me doit faire mille jaloux :
Mais j’impute bien moins ce bonheur de ma flammeA l’ardeur de vos feux qu’aux bontés de votre âme.Je sais que vous avez sujet de vous fâcher,
Que c’était un secret que vous vouliez cacher,
Et j’ai de mes transports forcé la violenceA ne point violer votre expresse défense ;
Mais...
MASCARILLE.
Eh bien ! oui, c’est moi ; le grand mal que voilà!
LUCILE.
Est-il une imposture égale à celle-là ?
Vous l’osez soutenir en ma présence même,
Et pensez m’obtenir par ce beau stratagème?