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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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VII' RE l>. CORNEILLE. j v

on les menoit. Mais à qui demeura la 'victoire? auplus jeune.

Il ne reste plus que Pulchérie et Surêna, tous deuxsans comparaison meilleurs que Bérénice , tous deuxdignes de la vieillesse dun grand homme. Le caractèrede Pulchérie est de ceux que lui seul savoit faire, et ilsest dépeint lui-même avec bien de la force dans Mar-tian, qui est un vieillard amoureux. Le cinquième actede cette pièce est tout à fait beau. On voit dans Surênaune belle peinture dun homme que son trop de mériteet de trop grands services rendent criminel auprès deson maître ; et ce fut par ce dernier effort que Corneilletermina sa carrière.

La suite de ses pièces représente ce qui doit naturel-lement arriver à un grand homme qui pousse le travailjusquà la fin de sa vie. Ses commencements sont foibleset imparfaits, mais déjà dignes dadmiration par rap-port à son siècle; ensuite il va aussi haut que son artpeut atteindre; à la fin il saffoiblit, séleint peu à peu,et nest plus semblable à lui-même que par intervalles.

Après Surêna, qui fut joué en 1675, Corneille renonçatout de bon au théâtre, et ne pensa plus quà mourirchrétiennement. 11 ne fut pas même en état dy penserbeaucoup la dernière année de sa vie L

Je nai pas cru devoir interrompre la suite de sesgrands ouvrages pour parler de quelques autres beau-coup moins considérables, quil a donnés de temps entemps. 11 a fait, étant jeune, quelques petites pièces degalanterie, qui sont répandues dans des recueils. On aencore de lui quelques petites pièces de cent ou de deuxcents vers au roi, soit pour le féliciter de ses victoires,soit pour lui demander des grâces, soit pour le remercierde celles quil en avoit reçues. Il a traduit deux ouvrageslatins du P. de La Rue, tous deux dassez longue ha-

* Il mourut le 1er septembre 1684, dans sa soixante-dix-neuvièmeannée.