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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE I, SCÈNE I. 9

Aussi que vous cherchiez de ces sages coquettes peuvent tous venants débiter leurs fleurettes 1 ,

Mais qui ne font lamour que de babil et dyeux 2 ,

Vous êtes dencolure à vouloir un peu mieux.

Loin de passer son temps, chacun le perd chez elles;

Et le jeu, comme on dit, nen vaut pas les chandelles 3 .

Mais ce seroit pour vous un bonheur sans égalQue ces femmes de bien qui se gouvernent mal,

Et de qui la vertu, quand on leur fait service,

Nest pas incompatible avec un peu de vice.

Vous en verrez ici de toutes les façons.

Ne me demandez point cependant de leçons;

Ou je me commis mal à voir votre visage,

Ou vous nen êtes pas à votre apprentissage :

Vos lois ne régloient pas si bien tous vos desseinsQue vous eussiez toujours un portefeuille aux mains.

BOBANTE.

A ne rien déguiser, Cliton, je te confesseQuà Poitiers jai vécu comme vit la jeunesse;

Jétois en ces lieux- de beaucoup de métiers :

Mais Paris, après tout, est bien loin de Poitiers.

Le climat différent veut une autre méthode :

Ce quon admire ailleurs est ici hors de mode;

La diverse façon de parler et dagir

Donne aux nouveaux venus souvent de quoi rougir.

Chez les provinciaux on prend ce quon rencontre;

Et, faute de mieux, un sot passe à la montre 4 :

Mais il faut à Paris bien dautres qualités;

On ne séblouit point de ces fausses clartés ;

meme est imité de la satire de Regnier intitulée Macetle. Les bien-séances étaient impunément violées dans ce temps- ; et Corneille, qus'élevait au-dessus de ses contemporains, se laissait entraîner à leursusages. (Y.)

1 Cela nest pas français. On dit bien la maison jai été, maisnon/rt coquette jai été. (V.)

2 Ce vers nest pas français ; faire lamour dyeux et de babil ne peutse dire. ( Y.)

3 Chandelles ; cette expression serait aujourdhui indigne de la hautecomédie. (Y.)

* Ce mot signifie revue. (V.)

II.

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