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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE I, SCÈNE II. H

Que, quand il tâche à plaire, H offense en effet.

. DORANTE.

Laissons ces lourdauds contre qui tu déclames,

Et me dis seulement si tu connois ces dames.

CLITON.

Non : cette marchandise est de trop bon aloi;

Ce nest point gibier à des gens comme moi ;

Il est aisé pourtant den savoir des nouvelles,

Et bientôt leur cocher men dira des plus belles.

DORANTE.

Penses-tu quil ten die?

CLITON.

Assez pour en mourir ;

Puisque cest un cocher, il aime à discourir.

SCÈNE II.

DORANTE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLE.

Ay!

CLARICE, faisant un faux pas, et comme se laissant choir L

DORANTE, lui donnant la main.

Ce malheur me rend un favorable office 2 ,

Au reste, cette scène est dun ton très supérieur à toutes les comédiesquon donnait alors : elle peint des mœurs vraies ; elle est bien écrite,à lexception de quelques fautes excusables. (Y.)

t Une comédie qui nest fondée que sur un faux pas que fait unedemoiselle en se promenant aux Tuileries semble manquer dart dansson exposition ; et les compliments que se font Clarice et Dorante nan-noncent ni intrigue ni caractère. (V.)

3 Si cette Clarice navait pas fait un faux pas, il ny aurait donc pasde pièce! Ce défaut est de lauteur espagnol. Lesprit est plus con-tent quand lintrigue est déjà nouée dans lexposition ; on prend bienplus de part à des passions déjà régnantes, à des intérêts déjà établis.Un amour qui commence tout dun coup dans la pièce, et dont lori-gine est si faible, ne fait aucune impression, pareeque cet amour nest-pas assez vraisemblable. On tolère la naissance soudaine de cette pas-sion dans quelque jeune homme ardent et impétueux qui senflammeau premier objet; encore y faut-il beaucoup de nuances. On croiraitpresque que ce Dorante, qui aime tant à mentir, exerce ce talent dans-