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m SERTORIES.
Je crains donc de l’aigrir si j’épouse Aristie,
Et que de ses sujets la meilleure partie,
Pour venger ce mépris, et servir son courroux,
Ne tourne obstinément ses armes contre nous.
Auprès d’un tel malheur pour nous irréparable,
Ce qu’on promet pour l’autre est peu considérable;
Et, sous un faux espoir de nous mieux établir,
Ce renfort accepté pourroit nous affaiblir *.
Voilà ce qui retient mon esprit en balance.
Je n’ai pour Aristie aucune répugnance;
Et la reine à tel point n’asservit pas mon cœur,
Qu’il ne fasse encor tout pour le commun bonheur.
PERPENNA.
Cette crainte, seigneur, dont votre ame est gênéeNe doit pas d’un moment retarder l’hyménée.
Viriate, il est vrai, pourra s’en émouvoir;
Mais que sert la colère où manque le pouvoir ?
Malgré sa jalousie et ses vaines menaces,
N’êtes-vous pas toujours le maître de ses places ?
Les siens, dont vous craignez le vif ressentiment,
Ont-ils dans votre armée aucun commandement?
Des plus nobles d’entre eux, et des plus grands couragesN’avez-vous pas les fils dans Osca pour olages 1 2 !
Tous leurs chefs sont Romains ; et leurs propres soldats.Dispersés dans nos rangs, ont fait tant de combats 3 .
Que la vieille amitié qui les attache aux nôtres
1 Observez comme ce style est confus, embarrassé, négligé, eomirioil pèche contre la langue. Auprès d’un tel malheur irréparable pournous, ce qu'on promet pour Vautre est peu considérable : quel est cetautre î c’est Aristie ; mais il faut le deviner ; et quel est ce renjort lest-ce le renfort du mariage d’Aristie! Serait-il permis de s'exprimerainsi en prose î et quand une telle prose est en rimes, en est-elle meil-leure! (V.)
2 On ne peut dire, vous avez pour olages les fils des plus grandscourages. Que la malheureuse nécessité de rimer entraîne d’impro-priétés, d’inutilités, de termes louches, de fautes contre la langue :mais qu’il est beau de vaincre tous ces obstacles, et qu’on les surmonterarement ! (V.)
3 Expression du peuple de province, faire des combats , faire unemaladie. { V.)