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ACTE I, SCÈNE III.
Si je réduis Pompée à chasser Émilie,
Peut-il, Sylla régnant, regarder l’Italie ?
Ira-t-il se livrer à son juste courroux ?
Non, non ; si je le gagne, il faut qu’il vienne à vous.
Ainsi par mon hymen vous avez assuranceQue mille vrais Romains prendront votre défense :
Mais, si j'en romps l’accord pour lui rendre meS vœux,
Vous aurez ces Romains et Pompee avec eux ;
Vous aurez ses amis par ce nouveau divorce ;
Vous aurez du tyran la principale force,
Son armée, ou du moins ses plus braves soldats,
Qui de leur général voudront suivre les pas;
Vous marcherez vers Rome à communes enseignes.
Il sera temps alors, Sylla, que tu me craignes.
Tremble, et crois voir bientôt trébucher ta lierté,
Si je puis t’enlever ce que lu m’as ôté.
Pour faire de Pompée un gendre de la femme,
Tu l’as fait un parjure, un méchant, un infame’ :
Mais, s’il me laisse encor quelques droits sur son cœur,
Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur;
Pour rentrer dans mes fers il brisera tes chaînes;
Et nous t’accablerons sous nos communes haines.
J’abuse trop, seigneur, d’un précieux loisir :
Voilà vos intérêts; c’est à vous de choisir.
Si votre amour trop prompt veut borner sa conquête,
Je vous le dis encor, ma main est toute prête 1 2 .
Je vous laisse y penser : surtout souvenez-vousQue ma gloire en ces lieux me demande un époux;
Qu’elle ne peut souffrir que ma fuite m’y range,
En captive de guerre, au péril d’un échange,
Qu’elle veut un grand homme à recevoir ma foi 3 ,
1 On ne doit jamais donner te nom d’infame à Pompée; et surtoutAristic, qui l’aime encore, ne doit point le nommer ainsi. ( V.)
a L’amour de Sertorius n’est ni prompt, ni lent ; car en effet il n’ena point du tout, quoiqu’il ait dit qu’il est amoureux, pour être au tondu théâtre. Il faut avouer que les anciens Romains auraient été bienétonnés d’entendre reprocher à Sertorius un amour trop prompt. (V.)
3 Ce vers n’est pas français, c’est un barbarisme : on dit bien, II es/homme h recevoir sa foi, et encore ce n’est que dans le style familier.11 y a dans Polyeucle , Vous niêtes pas homme à la violenter; mais