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celle-ci s’associa bientôt la gravure en creux sur cuivre, et plustard la lithographie ; mais la xylographie, relativement modifiée,resta le plus généralement employée.
La nature fragile dubois ne permettant point d’arriver à pro-duire des traits aussi déliés que les picots ou cngrélures d’unedentelle, sans risquer de les détruire au premier coup de presse,on pensa de substituer des picots en métal aux picots en bois.
« Ces picots en métal sont des fils de cuivre rouge ou jaune,d’une longueur égale à deux fois la profondeur de la gravure, etamincis en pointe à l’une de leurs extrémités. Le graveur, munid’une petite matrice dans laquelle s’enchaîne le picot, l’enfoncedans le bois jusqu’à la moitié de sa longueur au moyen d’un mar-teau. L’heureux parti que l’on a tiré de l’emploi des picots abientôt conduit le fabricant à faire laminer des lames de cuivrejaune de différentes épaisseurs, à les découper et a les enfoncerdans le bois, en leur donnant la forme d’un ovale, d’un rond, d’unefeuille, d’une arabesque, etc. On est arrivé ainsi à produire surbois des lignes continues ou brisées aussi défiées que possibleet qui résistent aux chocs de l’impression sans se déranger.
« Ensuite on est allé plus loin : au moyen de filières de lami-noirs et de machines à gaufrer, on est parvenu à donner aux filset aux lames de cuivre des formes tellement variées qu’il suffitde les implanter dans le bois, convenablement assemblés, pourformer un dessin quelconque.
« On 11e s’arrêta pas à cette amélioration. On avait remarquéque, lorsqu’on imprimait des parties massives, les contours n’enétaient pas nets, et que la couleur n’était pas répartie uniformé-ment sur l’étoffe. Pour remédier à ces inconvénients, on implantadans le bois des lames de cuivre disposées de manière à formerle contour de ces masses, et l’on remplit le vide de feutre ou devieux chapeaux, d’où est venu l’expression de planches cha-peaudées.
« Quelque temps après ce procédé dispendieux, on en a sub-stitué un plus simple: la planche une fois gravée on en imprègneles parties destinées à transporter sur l’étoffe des masses de cou-leur, d’huile de lin bien épaissie, sur laquelle on répand, au mo-ment où elle va se solidifier, de la tontisse, qu’on tamponne avec