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allumé. Mais, si celle-ci est de grande dimension, on la suspendan-dessus du réchaud au moyen de cordes à une poulie fixée auplafond. Lorsque la planche a atteint le degré de chaleur voulu,on passe la boule de vernis enveloppée dans du taffetas neuf, jus-qu’à ce que toute la surface en soit couverte, et on frappe en-suite le vernis avec un tampon en soie, afin de l’égaliser. Lameilleure méthode et la plus nouvelle pour vernir la planche)c’est de se servir d’un petit rouleau en bois recouvert de peaudégraissée, se mouvant dans un manche fourchu, avec lequel onétend le vernis qu’on a fait fondre sur le bord de la planche.
Le vernis dont on se sert est de différente composition, suivantle travail qu’on veut exécuter. Celui qu’on trouve chez les mar-chands n’est pas toujours excellent ; il est donc utile d’en con-naître la composition, afin de pouvoir en faire au besoin. Le ver-nis dont se servait Kembrandt se compose d’une partie d’asphal-te, d’une de mastic en larmes et de deux de cire vierge ; celuid’Abraham Bosse, d’une partie d’asphalte, deux de mastic enlarmes et trois de cire vierge ; celui de Callot, dit vernis de Flo-rence, de quatre onces d’huile de lin pure et d’autant de masticen larmes. Le vernis anglais a une partie d’ambre jaune, deuxd’asphalte et quatre de cire vierge, ou quatre parties d’asphalte,deux de poix noire de Suède, et une partie de poix de Bourgogne.M. Henri Felsing, de Darmstadt, fabrique un excellent vernis danslequel il fait entrer six onces (lotli) de cire, quatre de gommelaque, trois de colophane et cinq d’asphalte.
Après avoir verni la planche, et avant son refroidissement, onla tourne, le vernis dessous, et on promène la flamme d’un flam-beau composé de plusieurs bougies allumées, la mèche restant àun pouce au plus de distance, jusqu’à ce que la flamme toujoursen mouvement ait communiqué au vernis une teinte noire bienégale. Cette opération s’appelle flamber la planche, et sert adon-ner au vernis une couleur nome, afin de faciliter le décalque dudessin.
Le calque du dessin qu’on se propose de graver peut se fairesur du papier transparent, dit papier à calquer (ou papier végé-tal), sur lequel on trace, au moyen d’un crayon ou d’une plume,les contours et les détails de l’original. Pour le décalquer sur la