Il
SUR L’ART DES MINES.
fon , nous ne pourrions pas faire conftruire les pompesplus hautes, y compris toute la hauteur de la levée dupifton : cependant il eft encore bien des circonftances ouil fèroit plus avantageux de faire les tuyaux d’afpirationmoins hauts; car, comme lapreffion de l’air s’affoiblit deplus en plus , en raifon de l’augmentation & de l’appro-che de l’équilibre ^ il eft évident que , plus la colonned’eau s’élève, moins elle entre dans le cylindre avec cettevitefte & rapidité qu’elle conferve dans les tuyaux pluscourts , & où elle eft moins haute. On doit avoir la plusgrande attention à ce qu’il ne s’introduife point d’air dansles tuyaux d’afpiration, puifque l’alpiration cefteroit parce défaut. Les tuyaux courts d’afpiration font plus avan-tageux que les longs, en ce qu’ils ne font pas fi fujets àfe crever, qu’ils peuvent être beaucoup mieux joints ;Sc que quand ils font hors de fervice , ils peuvent êtrechangés plus facilement. Le premier tuyau d’afpirationdans le fond de la Mine , eft toujours dans un réfervoirentaillé dans le roc, ou fait avec des madriers, dans les-quels fe rendent toutes les eaux des paftages & des gale-ries d’alongement : mais comme elles charient des orduresdans ce réfervoir , qui s’afpirent avec les eaux, & quipeuvent être nuifibles aux pompes; pour éviter cet incon-vénient p on doit adapter au .tuyau d’afpiration un gril-lage. Dans les pompes hautes, le fécond tuyau d’afpirationeft toujours dans une caiffe , dans laquelle la pompeinférieure décharge fon eau pour la donner à la fécondé.