LA MONARCHIE ABSOLUE
«9
durement traités, cruellement exploités. Ils étaient lesplus misérables de l’Europe.
§69. Les Romanow en Russie (1613). — Pendant que laPologne déclinait, la Russie commençait à grandir, sousl’égide de la famille Romanow. Michel Romanow fut lefondateur de la maison (1613); Alexis, son fils, com-mença à ouvrir la Russie à la civilisation occidentale ;Feodor, fils d’Alexis, mourut jeune ; la milice des Stre-litz ou gardes du corps, proclama ses deux frères,Pierre et Ivan, sous la tutelle de leur sœur aînéeSophie. Mais bientôt Pierre, âgé seulement de dix-septans, prit en main le pouvoir; son frère Ivan renonça à lacouronne, et Sophie fut reléguée dans un couvent (1689).
Pierre le Grand apprend à connaître la civilisation occi-dentale. — Pierre, surnommé le Grand (1689-1725), en-treprit de civiliser la Russie et d’assurer sa prépondé-rance dans l’est de l’Europe. C'était un prince actif etd’une énergie sauvage, qui poursuivit avec une opiniâ-treté rare la réalisation de ses projets.
Il aimait la civilisation occidentale, qu’il avait apprisà connaître dans sa jeunesse. Sa première éducationavait été négligée; laissé à lui-même, le prince avaitfréquenté les occidentaux établis à Moscou, avait étudiéleur langue et connu leurs mœurs. Une fois sur letrône, il appela en Russie des artisans, des artistes, dessavants, des marins et des officiers étrangers. Deuxoccidentaux, l’Ecossais Gordon et le Genevois Lefort,l’aidèrent dans sa tâche réformatrice. Pierre commençapar apprendre lui-même ce qu’il voulait enseigner àson peuple. Il entreprit de grands voyages en Europe,et il en étudia les sciences, les institutions et les arts.Dans un premier voyage, il visita la Hollande et s’initia àl’art de construire des vaisseaux 1 ; il passa ensuite enAngleterre, puis à Dresde et à Vienne.
1 «Je dois voir», répétait-il sans cesse. — A Saardam, il s’ha-billa en matelot hollandais et travailla huit jours sur les chantiers.