LA MONARCHIE ABSOLUE
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une campagne contre Frédéric. Elle chercha donc desalliés en Europe. La Russie s’était déjà rapprochée del’Autriche à la Un de la guerre précédente, et l’impéra-trice Elisabeth se montrait toute disposée à combattrecontre la Prusse. Il était plus difficile d’entrainer laFrance ; mais l’habile ministre autrichien Kaunitzréussit à gagner à sa cause la favorite de Louis XV,la toute-puissante Marquise de Pompadour, et Marie-Thérèse écrivit à la courtisaneen l’appelant « ma bien bonneamie ». Les hostilités venaient dese rouvrir entre la France etl’Angleterre à propos de l’Indeet des colonies d’Amérique. LaFrance, n’ayant pas trouvé au-près de Frédéric II assez d’em-pressement à soutenir sa cause,passa du côté de l’Autriche,tandis que l’Angleterre s’alliaità la Prusse. C’est ce qu’on appelale renversement des alliances. LaSaxe et la Suède entrèrent aussidans la coalition autrichienne.
La Prusse devait être démembréeet les coalisés devaient s’en par-tager les dépouilles.
Débuts de la guerre. Conquête de la Saxe (1756). —Mais Frédéric II, informé des projets de ses ennemis,les prévint avant l’achèvement de leurs préparatifs. 11fondit surlaSaxe, entra à Dresde, mit en fuite l’électeurAuguste III, captura son armée et s’empara de sesEtats (1756).
La guerre de Sept Ans avait commencé. Frédéric setrouvait en face d’une formidable coalition. Il déployadans cette lutte toutes les ressources de son génie etune indomptable opiniâtreté. Souvent vainqueur, ilessuya aussi des désastres. Il vit ses Etats envahis et
Fig. 38.
Grenadier de la
garde prussienne (1760).