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HISTOIRE GÉNÉRALE
dévastés, sa capitale livrée à ses ennemis. Mais sonhéroïsme sauva la Prusse.
Brillantes victoires et sanglantes défaites, Frédéric nese laisse pas abattre. — Dans la seconde année de laguerre (1757), l’effort de Frédéric se porta surtout sursa frontière occidentale et méridionale. La Bohême,la Saxe et le Hanovre furent le théâtre des hostilités. LesRusses envahirent la Prusse orientale ; les Anglais, alliésde Frédéric, subirent un désastre;lui-même, vaincu à Kolin, dutévacuerla Bohême. Mais les deux brillantesvictoires de Rossbach en Saxe, surl’inepte Soubise, et d eLeuthen, enSilésie, sur les troupes autrichiennes,rétablirent l’équilibre en faveur dela Prusse.
L’année suivante (1758), Frédériccourut au plus pressé. Les Russess’avançaient en pillant jusqu’à l’Oderet assiégeaient Kustrin. Le roi lesvainquit à Zorndorf, puis regagnala Silésie à marches forcées. La dé-faite qu’il y subit à Ilochkirch n’eutpas pour lui les conséquences fu-nestes qu’on aurait pu attendre.
La quatrième année de la guerre (1759) fut désastreusepour la Prusse. Frédéric ne put empêcher la jonctiondes Russes et des Autrichiens, qui lui infligèrent, àKunersdorf, près de Francfort sur l’Oder, une sanglantedéfaite. Le roi, désespéré, songeait au suicide; ses arméesétaient décimées; il se voyait réduit à recruter de toutjeunes gens; les finances du royaume étaient épuisées.Le défaut d’entente entre ses ennemis sauva la Prussed’une catastrophe.
La guerre dura encore trois ans avec des chances di-verses. Le roi d’Angleterre, Georges II, mourut ; sonsuccesseur, Georges III, cessa de fournir des subsides
Fig. 39. - Officier fiedragons prussien(1760).