LA MONARCHIE ABSOLUE
135
à la Prusse. Mais d’autre part, la mort de l’impéra-trice Elisabeth vint délivrer Frédéric d’une ennemieredoutable. Les autres belligérants, épuisés par unelutte aussi prolongée, soupiraient après la paix.
La guerre maritime, les Français vaincus. — Sur laguerre continentale s’était greffée une guerre maritimeet coloniale entre la France et l’Angleterre. Elle avaitpour enjeu l’Inde et le Canada. Aux Indes, Dupleixavait assis la domination française sur trente millionsde sujets. Mais il tomba en disgrâce et fut rappelé. Sonsuccesseur Lally, ne recevant ni l’argent ni les troupesnécessaires, dut capituler à Pondichéry (I7GI). EnAmérique, Montcalm se défendit avec énergie; mais lestroupes françaises éprouvèrent un désastre à Québec; lesAnglais prirent possession du Canada. En même temps,les flottes françaises subissaient des revers. La lassi-tude générale s’empara aussi de la France et de l’An-gleterre.
La paix(1763).— Les traitésdePariset deHubertsbourgapportèrent enfin la paix en Europe. Par le traité deParis (1763), la France cédait à l’Angleterre le Canada,une partie du bassin du Mississipi, plusieurs Antilles ;en Inde, elle abandonnait ses récentes conquêtes. Parle traité de Hubertsbourg, la Prusse gardait la Silésie.Le traité de Paris consacrait la prépondérance maritimeet coloniale de l’Angleterre. Celui de Hubertsbourg af-firmait la force de Frédéric II qui, presque seul, avaittenu tête aux attaques d’une coalition redoutable. LaPrusse prenait rang parmi les grandes puissances del’Europe.
§76. La Prusse à l’époque de Frédéric II. — Frédériccivilisateur. — Frédéric s’illustra non seulement par sesvictoires, mais aussi par son gouvernement intérieur.Pénétré de l’idée que le roi doit être « le premier servi-teur de l’Etat », Frédéric II voua ses soins à toutes lesbranches de l’administration. Entre la guerre de Succès-