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HISTOIRE GÉNÉRALE
recrutait dans la bourgeoisie riche. Celle-ci pouvait eneffet acheter les hautes charges de justice ou de finance,dont les titulaires étaient anoblis par le roi. La noblessed’épée se divisait en grande noblesse et en petite no-blesse. La grande noblesse ou noblesse de cour habitaitParis et Versailles dans l’entourage du roi ; la petitenoblesse, ou noblesse de province, menait dans lesmanoirs ou châteaux une existence rustique et parfoisbesogneuse ; on appelait hobereaux ces seigneurs cam-pagnards vivant dans leurs domaines.
Le tiers Etat comprenait les bourgeois, les artisans,les paysans des campagnes. On appelait principalementbourgeois ceux qui exerçaient des professions libérales,les fonctionnaires, les riches marchands, les rentiers.Les artisans étaient divisés en corporations, comprenantchacune les maîtres ou patrons, les compagnons ou ou-vriers et les apprentis.
La condition du paysan était, jusqu’au XVIII rae siècle,misérable un peu partout. Comme au moyen âge, ilétait chargé de la plus lourde part des contributions.La moitié, les trois quarts parfois du produit de saterre passaient en dîmes, cens et redevances de toutessortes. Dans plusieurs principautés de l’Allemagne, leservage subsista jusqu’à la Révolution. Cependant cetétat de choses s’améliora au XVIII me siècle. Les despoteséclairés abolirent le servage. En France, Parmentierrépandit la culture de la pomme de terre, qui suppléaau manque de blé. Les années de disette devinrentplus rares et les famines moins cruelles.
§91. Les mœurs. — Les mœurs étaient encore gros-sières au XVI mo et même au XVII mc siècle. L’usage de lafourchette ne se généralisa en France, dans la hautesociété, qu’à l’époque de Henri IV et, dans la bourgeoisie,au XVH me siècle seulement. Auparavant, on se servaitavec les doigts, et c’est également avec les doigts quel’on portait la viande à sa bouche. On n’eut longtemps