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HISTOIRE GÉNÉRALE
elle se replia en désordre sur Châlons. Strasbourg futinvestie. Les Allemands, maîtres de l’Alsace, franchirentles Vosges et marchèrent sur Nancy.
Au nord, en Lorraine, l’armée de Bazaine, battue àSpicheren 1 ou Forbach (6 août), tenta de se retirer dansla direction de Verdun pour rejoindre, à Châlons, cellede Mac-Mahon. Mais elle manoeuvra si lentement queles Allemands la prévinrent, l’atteignirent et, à la suitedes trois meurtrières batailles de Borny ou Colombey-Nouilly (14 août), de Rezonville ou Vionville-Mars-la-Tour (16 août), et enfin de Gravelotte-St-Privat ( 18 août),l’enfermèrent dans Metz.
Pour délivrer Bazaine, Mac-Mahon entreprit, avecdes troupes insuffisantes et mal organisées, un mouve-ment tournant, un long circuit par le nord, de Châlonsà Reims et à Metz. Aussitôt les forces allemandes seconcentrèrent sur lui. Battue d’abord au passage de laMeuse, à Beaumont (30 août), son armée subit, à Sedan(1 er septembre 1870), un désastre irréparable. Complè-tement cernée par des troupes trois fois supérieures,elle dut se rendre tout entière (80000 hommes) ainsique l’Empereur qui l’accompagnait.
§ 173. Chute de l’Empire. Gouvernement de la défensenationale. — La moindre défaite devait renverser l’Em-pire chancelant. Aussi avait-on caché au peuple deParis la nouvelle des premiers désastres ; lorsque lavérité fut connue, l’effervescence grandit. Après Sedan,une Révolution éclata : l’Empire fut renversé (4 sep-tembre 1870) et la République proclamée. L’impératrices’enfuit en Angleterre. Un gouvernement provisoire, legouvernement de la défense nationale, s’organisa àParis, ayant à sa tête Trochu, Favre, Gambetta.
La guerre paraissait terminée. Des deux armées fran-çaises, l’une était prisonnière et l’autre enfermée dansMetz sans espoir de délivrance. Les troupes allemandes,
2 Général français Frossard.