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HISTOIRE GÉNÉRALE
se trouva à peu près partagé entre les monarchistes etles républicains. La Chambre des députés fut en majo-rité républicaine. Le Président Mac-Mahon était monar-chiste. Un conflit devenait inévitable. Il éclata le 16 mai(1877) ; le Président choisit un ministère franchementmonarchiste 1 et fit dissoudre la Chambre par le Sénat.Mais aux élections, le parti républicain, dont Gambettaétait le chef le plus autorisé, eut la victoire 2 , et finale-ment Mac-Mahon démissionna (30 janvier 1879). LaRépublique était désormais solidement assise 3 .
§ 182. Le gouvernement républicain. — Depuis la dé-mission de Mac-Mahon, les Présidents ont renoncé àexercer une influence dirigeante sur les affaires. Ilsrégnent, mais ne gouvernent pas, et ils prennent leurministère dans la majorité de la Chambre. Tous ont étéfranchement républicains: Grévy (1879-1887), Carnot(1887-1894), Casimir-Périer (1894-1895), Faure (1895-1899), Loubet (1899-1906), Faîtières.
La Chambre, dans sa majorité, est restée républicaine.Le parti de droite, ou conservateur monarchiste et clé-rical, a fait quelquefois de grands efforts électoraux,mais son effectif n’a guère dépassé une centaine dedéputés 4 (sur 590). Suivant le conseil de Léon XIII,une fraction de ce groupe, abandonnant le projet d’unerestauration monarchique, s’est ralliée officiellement à laRépublique avec l’intention d’entrer dans le gouverne-ment et d’y exercer son influence au profit du clergé.
Le parti républicain s’est divisé en plusieurs groupesqui se font équilibre. Les uns sont les modérés, qui se
1 Ministère de Broglie.
2 « Il faudra, disait-il en parlant du Président, se soumettre onse démettre. »
3 La mort a, du reste, enlevé plusieurs des prétendants au trône,Napoléon XII, mort en 1873, en Angleterre ; le prince Louis, sonfils (1879) ; le prince Jérôme Napoléon (1891) ; le comte de Cham-bord ou Henri V (1883).
4 Exceptionnellement, en 1885, il y eut 202 conservateurs.