HISTOIRE CONTEMPORAINE
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contentent des réformes opportunes (opportunistes, répu-blicains progressistes); les autres sont les radicaux, quiont inscrit dans leur programme la révision de la Cons-titution, l’impôt sur le revenu, la séparation de l’Egliseet de l’Etat. De l’extrême gauche s’est détaché le partisocialiste ; celui-ci a fait passer cinquante de ses candi-dats aux élections de 1898. Depuis les tentatives deBoulanger et l’affaire Dreyfus, il s’est formé un groupenationaliste, bruyant, mais peu nombreux.
La composition du cabinet varie avec les change-ments des ministères. Le pouvoir appartient le plussouvent aux républicains des diverses nuances modé-rées ; mais le gouvernement est obligé parfois de serapprocher de l’un ou de l’autre des partis extrêmes,suivant les besoins du moment. Tantôt le danger appa-raît à droite, dans l’opposition cléricale ; il s’agit deveiller avant tout à la défense républicaine : alors on vaà gauchedu côté des radicaux, et on ne néglige mêmepas l’appoint socialiste. Tantôt le péril apparaît à gau-che ; on craint les menées socialistes ou anarchistes ; ils’agit de sauvegarder l’ordre social contre ceux qui lemenacent ; alors le gouvernement recherche les suf-frages de la droite et s’appuie sur elle 2 . L’absenced’une majorité homogène oblige à cette politique ;cependant l’orientation générale est marquée vers lagauche 3 .
§ 183. Lois progressistes. — Depuis la Constitution de1875, l’activité législative des Chambres a été assezintense 4 . Parmi les lois les plus importantes, il faut
'Ministères Brisson (1885), Floquet (1888), Bourgeois (1895),Brisson (1898), Combe (1902). Clemenceau (1906).
2 Ministères Rouvier (1887),.Méline (1896).
3 Les élections de 1906 ont consolidé la majorité de gauche. Lachambre actuelle compte en tout 387 républicains et 197 députésde l’opposition.
4 Loi d’amnistie pour les condamnés de la Commune (juin 1879),retour des Chambres à Paris (1879), fête nationale (1880), droit deréunion (1881), divorce rétabli (1884).