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Tome premier.
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PREMIERE PAIITIE. SECTION III. CD APRE III.

Le fleuve majestueux du Saint-Laurent qui depuis sa première découverte, en 1335 , a été appelé , par les habitantsdu pays, pour marquer sa prééminence, la Grande-Rivière, reçoit presque tous les cours d’eau qui ont leur sourcedans la vaste chaîne des montagnes du nord, appelée Land’s Ileighl , ou Hauteur des Terres, qui sépare les tribu-taires de la haie d’Hudson de ceux de la mer Atlantique ; il reçoit aussi les rivières qui sortent de la chaîne située sur larive méridionale et se dirigent presque droit au sud, jusqu'au lac Chaniplain. Les principales de ces rivières sontl’Ottawa, le Masquinonge, le Saint-Maurice, la Sainte-Anne , le Jacques Cartier , le Saguenay, la Betsiamites et le Mani-couangan au nord ; les riviôresdu Saumon , de Châteaugay, de Ghambly ou de Richelieu, de Yamaska, de Saint-François,de Bôcancour, du Chêne, de la Chaudière, et du Loup au sud. Dans les différentes parties de son cours le Saint-Lau-rent porte différents noms; ainsi, depuis la mer jusqu’à Montréal, et même jusqu’à Kingston , il s’appelle le Saint-Laurent; c’était autrefois le Cataraqui ou Iroquois entre Montréal et Kingston; c’est la rivière de Niagara, entre le lacOntario et le lac Erié; le Détroit, entre le lac Eric et le lac Saint-Clair; la rivière Saint-Clair , entre le lac Saint-Clairet le lac Huron ; les Narrows ou les chutes de Sainte-Marie , entre le lac J-Iuron et le lac Supérieur , le tout formant uneliaison non interrompue de 2,000 milles (320 myriam.). Le lac Supérieur peut, sans grand effort d’imagination, êtreconsidéré comme la source inépuisable d’où, pendant des siècles sans nombre, le Saint-Laurent a continué de tirer sonvaste courant.

Ce lac immense, qui n’est égalé en grandeur par aucune réunion d’eau vive sur le globe, est de forme presque trian-gulaire ; sa plus grande longueur est de 415 milles (670 kiîom. ) ; sa largeur de 161 (250 kilom.), et sa circonférence d’àpeu près 1,152 (1,854 kilom. ) ; et il est aussi remarquable par la transparence sans égale de ses eaux que par sa profon-deur extraordinaire.

Sa côte septentrionale, entrecoupée de vastes baies, est élevée et pleine de rochers ; mais sur la rive méridionale , leterrain est généralement bas et uni : formant presque une mer par lui-même, il est sujet à plusieurs des vicissitudes de cetélément; car les orages y exercent leur furie et les vagues s’y brisent avec une violence qui le cède à peine aux tempêtesde l’Océan. De la chaîne éloignée des montagnes qui forment la Hauteur des Terres au delà de ses rives septentrionaleset occidentales, sortent plusieurs rivières considérables et un grand nombre de petites, qui lui arrivent après s’êtregrossies dans leur cours aux dépens de plusieurs petits lacs. 11 y a aussi, au sud, une autre crête séparant les rivièresqui se déchargent dans le golfe du Mexique par le Mississipi, de celles qui coulent vers le nord et tombent dans le lacSupérieur , et de cette crête lui viennent d’autres affluents, en sorte que sa masse d’eau s’accroît du tribut de plus detrente rivières.

A la sortie du lac Supérieur les eaux s’épanchent vers les autres grands lacs en un courant très-rapide, interrompu etbrisé par plusieurs petites îles, ou plutôt par de grandes masses de rochers, qui, à travers un canal naturel de 27 millesde longueur (44 kilom.), aboutit au lac Huron . Les chutes de Sainte-Marie sont à peu près à moitié chemin entre les deuxlacs. Cette dénomination, quoique généralement usitée, s'accorde peu avec le sens ordinaire du mot de chutes qui s’ap-plique à de grandes masses d’eau se précipitant de très-haut; car, dans cet endroit, tout le phénomène se réduit à lacourse impétueuse d’une masse d’eau énorme qui se décharge du lac Supérieur , se ferme un passage par un canal resserré,et se rue avec violence contre les obstacles que la nature lui oppose.

Le lac Huron, qui suit le lac Supérieur , ne lui cède guère sous le rapport de l’étendue. Sa plus grande longueur, dansla direction du nord au sud, entre le détroit de Sainte-Marie au nord et la rivière Détroit au sud, est d’environ 237 milles(380 kilom.); à ses deux extrémités le lac proprement dit est assez étroit, mais il s’élargit vers le milieu , au moyen dedeux grandes baies, l’une à l’occident, celle de Saginaw , l’autre, à l’orient, qui forme à elle seule un beau lac qu'onnomme Iroquois. Du fond de la baie de Saginawà celui du lac Iroquois il y a 215 milles (346 kilom.). A l’extrémitéoccidentale il a moins de 100 milles de largeur (160 kilom. ). Si l'on mesure la circonférence en suivant tous les contours,on aura un développement d’à peu près 1,000 milles (1,609 kilom.). Sa forme est extrêmement irrégulière ; cependant,avec un peu de bonne volonté, on peut la définir comme triangulaire.

A partir de sa pointe supérieure, une longue suite d’iles appelées les Manitoulines, s’étend, en tirant à l’est, à ladistance de 160 milles (257 kilom.), plusieurs ont de 20 à 30 milles de longueur sur 10, 12 et 15 milles de largeur;quelques-unes, surgissant du sein des flots, atteignent une élévation considérable.

Lne de ces îles plus considérable que les autres, la grande Manitoulinc, qui est de forme oblonguc et qui est suivieen ligue droite de trois autres, la seconde Manitoulinc, Iîle de Drummoud, occupée par les Américains, et l’îlc Saint-Joseph, poste anglais dominant la sortie de la rivière Sainte-Marie, établit dans le lac une séparation, et laisse entreelle et la rive orientale une baie remplie des îles Manitoulines et portant le môme nom. Outre cette grande chaîne, il ya plusieurs autres îles de moindre dimension, groupées en grand nombre dans différentes parties du lac et qui en rendentla navigation difficile et même dangereuse sur quelques points, particulièrement vers l’extrémité occidentale. Sur le lac