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Tome premier.
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PREMIERE PARTIE. SECTION III. CHAPITRE III.

mieux ou beaucoup moins mal partagé que I’Érié. On éprouve fréquemment aussi sur ce lac de forts coups de vent.

Entre les îles nombreuses qui sont à l’extrémité orientale du lac Ontario, la Grande lie située vis à vis de Kingston est laplus étendue, et, se trouvant à la tète du Saint-Laurent, elle le coupe en deux canaux qui portent les noms de canal duAord ou de Kingston et de canal du Sud ou de 111e Carleton. De son point de départ jusqu'au lieu appelé le petit Détroit à environ 39 milles (63 kilom.), le Saint-Laurent est presque rempli d’un groupe prolongé de petites îles, si nombreuses,qu'on leur a donné la dénomination générale de Mille- lies. La distance entre Kingston et Montréal est d’environ173 milles (278 kilom.).

Avant d’arriver à Montréal on rencontre les lacs de Saint-François, de Saint-Louis et des Deux-Montagnes ; ils nepeuvent entrer en comparaison avec ceux dont nous venons de parler, et on ne peut les considérer que comme autantd’élargissements du fleuve ; ils n’ont pas une grande profondeur, mais ils offrent un coup-d’œil agréable et varié par legrand nombre de jolies îles qui y sont dispersées. Le lac de Saint-François a 23 milles de longueur, sur 4 et demi ;ses bords en quelques endroits sont bas et marécageux. Les lacs de Saint-Louis et des Deux-Montagnes se formentà Injonction de l'Ottawa avec le Saint-Laurent; le premier a 12 milles de longueur sur 6 de largeur ; le second esttrès-irrégulier et a 24 milles (39 kilom.), dans toute sa longueur avec une largeur qui va de 1 mille à 6 milles. Auconfluent de l’Ottawa se trouvent File de Montréal , l’ile Jésus, l’ile Bizarre et l’ilc Perrot. La première offre peut être leplus beau site de tout le Bas-Canada . Au sud de cette île est la ville du même nom, avec un port commode, à 580 milles(933 kilom.) du golfe Saint-Laurent et où les vaisseaux de 600 tonneaux peuvent remonter très-aisément (t).

Au-dessous de cette ville la navigation prend un caractère plus imposant; on trouve alors des vaisseaux pontés de toutegrandeur. De là à Québec , sur une distance de 166 milles (265kilom.) , peu d'obstacles s'opposent à ce que les vais-seaux d’un port considérable puissent monter et descendre.

Des deux côtés la vue est admirable; les différentes seigneuries, toutes dans le plus grand état de perfection quel’agriculture de ce pays puisse admettre annoncent le travail et l’abondance ; les points de vue sont intéressants et sou-vent magnifiques, quoique les détails du paysage n’offrent pas ce degré de grandeur qu’on aperçoit au-dessous de Québec .Des villages nombreux, bâtis pour la plupart autour d’une belle église en pierre, fixent l'attention du voyageur, tandisque des maisons et des fermes isolées paraissent former une chaîne régulière. À environ 44 milles au-dessous de Montréal ,sur la rive méridionale, est la ville de William-Henry ou de Sorel, bâtie à l’endroit où la rivière Richelieu tombe dansle Saint-Laurent. Près de cette ville, le fleuve s’élargit et forme un autre lac, le dernier du côté de la mer. 11 s’appellele lac Saint-rierre et a 23 milles de longueur sur 9 de largeur,- comme la plupart des autres, celui-ci a un grouped’ilcs qui couvrent environ 9 milles, dans sa partie occidentale, et qui comprennent entre elles et les bords dufleuve deux chenaux distincts, dont le meilleur est celui du sud; les bords de chaque côté sont très-bas, et sont accom-pagnés de bancs de sable qui se prolongent à une distance considérable, en sorte qu'il ne reste de libre qu'un passageétroit dont la profondeur est en général de 12 à 18 pieds (3 m 60 à 5 ,n 56). A environ 46 milles (74 kilom.) de William-Henry , sur la rive du nord, à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, est située la ville de Trois-Rivières qui tient letroisième rang dans la province.

En cet endroit la marée cesse entièrement, et même elle ne se fait guère sentir à plusieurs milles au-dessous. De là lefleuve poursuit son cours sans offrir rien de particulier jusqu’au rapide de Richelieu, à environ 52 milles de Trois-Rivières . Là son lit est tellement resserré et obstrué par des masses énormes de rochers, qu'il ne reste qu’un chenal très-étroit où, à la marée descendante, la chute est si grande qu’il faut beaucoup de précautions et prendre bien son temps pourle traverser; à l’extrémité du rapide est un bon ancrage où les vaisseaux peuvent attendre le moment favorable.

De Montréal jusque là les bords sont d’une médiocre élévation et uniformément unis; mais vers cet endroit ils sontbeaucoup plus hauts, et ils s’élèvent par degrés, à l’approche de Québec , jusqu’à ce qu’ils atteignent la hauteur du capDiamant, sur lequel la ville est bâtie. Cette capitale de la province, siège du gouvernement, a un excellent port et unvaste bassin où la plus grande profondeur de l’eau est de 28 brasses ( 2o m 68), où la marée s’élève de 17 à 18 pieds (3 m 18à 3»> 49), et les grandes marées de 23 à 24 (7 m à 7 ni 32).

De là et de la pointe do Lôvi, se présente à la vue un des coups d’œil les plus frappants qu'offre peut-être le mondeentier : l’assemblage des divers objets a tant de grandeur, et, tout en contrastant naturellement les uns avec les autres, ilssont groupés avec tant d’art, que le voyageur le plus éprouvé en est tout surpris. La capitale, sur le sommet du cap, larivière de Saint-Charles qui coule à une grande distance à travers une superbe vallée, les chutes de Montmorency, File

(1) Il ; a île 1 exagération dans celle assertion de AI. Bouchellc. Les forts naviresrartic de leur cargaison sur des allèges.

pour arriver jusqu’à Montréal , sont obligés de mettre une