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PREMIERE PARTIE. SECTION III. CHAPITRE IV.
mais elle s’épanouit à une certaine distance de la mer, de manière à acquérir la lar-geur de 240 myriam.vers le 40 e degré; par 45° elle conserve encore 180 myriam., etau 48 ft degré 130 myriam. d’ampleur.
Ce beau bassin est presque tout entier dans la zone tempérée, il ne renferme pas delacs dignes d’être cités , quoique le Mississipi , proprement dit, ait ses sources dans unréseau de petits lacs et d’étangs sans nombre. Les marécages y sont rares, exceptéaux sources, à l’embouchure et immédiatement à côté du lit du fleuve. Les accidentsgéologiques qui, sur presque toute la surface du globe, ont bouleversé la croûte de laplanète, après que se furent déposées les formations successives qui la composent, sem-blent avoir respecté cette vallée. La stratification y est presque partout restée hori-zontale (1) ; aucun jet de porphyre, de trachyte, de basalte ou d’autres matières volca-niques n’est venu déranger la régularité du terrain, briser, tordre et ployer les couchesou les relever en cimes ou en plateaux, barrer les cours des fleuves et les couper pardes cataractes (2). Les orages et les inondations de l’époque diluvienne y ont amasséune épaisse couche de terre végétale et de terreau. Par son étendue, par sa conti-nuité, par la longueur et le régime des fleuves qui l’arrosent, par sa fertilité, et par ladiversité de ses cultures, la vallée du Mississipi doit être prochainement la portionla plus populeuse et la plus riche de l’Union américaine.
Si dans la vallée du Mississipi on trace une ligne qui remonte le chenal du fleuve,depuis son embouchure jusqu’à son confluent avec l’Ohio, et qui de là s’élevant versle nord, coupe en deux le grand triangle compris entre le Mississipi, l’Ohio et leslacs, on aura partagé cette vallée en deux sections très-distinctes sous le rapport dela végétation. L’une, celle de l’est, était, avant l’arrivée des blancs, couverte d’uneforêt non interrompue ; dans l’autre, au contraire, la forêt est une exception, hormissur les bords des grands fleuves et à l’approche des montagnes. Elle est occupée prin-cipalement par les Prairies , qui, pour l’aspect extérieur, ressemblent aux steppesasiatiques ; ce sont de grands espaces rarement de niveau, presque toujours on-dulés , parfois légèrement concaves, comme on le reconnaît aux étangs parfaitementenclos qui s’y forment au printemps, et où la nature ne produit rien que de hautsgazons et des plantes herbacées. Les Prairies varient de dimension et affectent toutessortes de figures ; les forêts y poussent quelquefois très-avant des pointes allongées.Des bouquets de bois isolés en coupent parfois la monotonie. Sur la rive droitedu Mississipi elles acquièrent des dimensions extraordinaires. De mai en octobre,les Prairies sont couvertes de cette végétation passagère qu’on retrouve dansles steppes et dans les déserts de l’Afrique eux-mêmes. En juin et juillet, c’estcomme un océan de fleurs. En automne, quand la sécheresse et le soleil d’été ont
(1) 31. Darby remarque qua Pittsburg Phorizonlalité est telle que les eaux ont à peine un écoulement dans les minesde charbon.
(2) II y a eu pourtant, dans la vallée, des tremblements de terre notables. Ceux de 1811 et 1812 ont occasionné unedépression de plusieurs pieds sur la rive occidentale du fleuve, sur une fort longue distance au-dessus et au-dessous deNew-Madrid , et cette ville en fut ruinée.