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Tome premier.
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DU CLIMAT SOUL LE RAPPORT DE LA TEMPÉRATURE.

la reprise des travaux de l’agriculture beaucoup plus tôt, particulièrement dans la par-tie occidentale du Bas-Canada et dans toutes les parties habitées du Haut-Canada . Parexemple à Montréal , qui n’est qu’à 79 milles géographiques plus au sud et à 145plus à l’ouest que Québec , le printemps commence cinq ou six semaines plus tôtqu’à cette dernière place. La végétation y est aussi en général plus abondante et plusvigoureuse , et les récoltes y sont plus considérables parce que la gelée blanche, sinuisible, partout où elle règne, à la croissance des plantes , arrête rarement leursprogrès. Si l’on compare le climat de la Grande-Bretagne avec celui du Canada ,on trouvera que le parallèle est sous quelques rapports à l’avantage de ce dernier. Letemps y est plus beau et plus clair , et l’atmosphère plus pure. En outre, l’expérienceprouve que l’impression exercée sur l’organisation humaine par le froid n’est pasproportionnée au degré indiqué par le thermomètre, et l’on remarque, par exemple,que, dans sa plus grande rigueur, qui a lieu dans les mois de janvier et de février, lestravaux des artisans hors des maisons sont rarement suspendus au Cauada plusieursjours de suite (1).

» Dans toute l’étendue de la vallée du Mississipi, dit M. Flint (2) , l’hiver présente degrandes variations de température. Le long du fleuve, et là où la configuration duterrain ne peut modifier la direction des courants de l’atmosphère du nord au sud, levent du nord souffle avec violence par bouffées de trois à quatre jours. Dans la partieseptentrionale et moyenne de la vallée, il amène une température glaciale, dessortes d’ouragans d’hiver avec abondance de neige et de frimas , et les rivières char-rient d’abord , puis sont prises d’un bord à l’autre. Le vent du midi succédant assezordinairement à celui du nord, l’atmosphère se tempère subitement au point de deve-nir tiède. Et sous cette douce influence, les oiseaux du printemps font alors entendreleur, chant, non-seulement dans le bas de la vallée, mais jusqu’à Prairie-du-Chien(3).Un nouveau coup de vent du nord vient ensuite remplacer par toutes les rigueurs del’hiver ces intermittences printanières. Cette succession des températures les plusopposées est, on le conçoit, peu favorable à la santé. Aussi avant vers le sud que le 40 eelle 36 e degré de latitude, les rivières sont généralement gelées tous les hivers pen-dant un temps plus ou moins long. Le Mississipi à Saint-Louis et même au-dessous, et

(1) L’agitation de l’air ou son repos exercent dans ce cas une grande inlluence. Le froid, par un temps calme, estbeaucoup plus supportable que dans une atmosphère agitée.

La supériorité que M. Couchette réclame en faveur du Canada sur la Grandc-Jiretagne serait difficile à justifier, mal-gré les bruines et l'humidité de celle-ci. Le roi Charles II prétendait, non sans raison, que l’Angleterre était lepays où 1 on pouvait être en plein air, sans souffrir, le plus de jours dans l'année et le plus d’heures dans le jour. A l’égarddes canaux, le climat de 1 Angleterre a des avantages qui ne sont égalés par aucun autre. Moscou et Edimbourg sont à lamême latitude, mais le froid et les chaleurs ne s’y ressemblent pas. En Angleterre, la température moyenne est élevée, euégard à la latitude, et les variations générales y sont faibles ; de sorte que les étés et les hivers y sont également tempé-rés. Le service des lignes navigables y est médiocrement interrompu par la gelée, et il l'est moins encore par la séche-resse. L’abondance et la fréquence des pluies contribuent a ce dernier résultat.

( 2 ) Hisiory and Topography of ihe estern States.

(3) Ces bouffées do vent du midi, quoique fort chaudes, ne durent pas assez pour que, les rivières dégelant, la débâcleait lieu.