PREMIERE PARTIE. SECTION IV. CHAPITRE I.
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l’Ohio à Cincinnati et à Louisville , sont quelquefois gelés à une telle profondeur quel’on peut les traverser sans danger sur toute leur largeur pendant un intervalle de huitsemaines. »
Plus on s’écarte de la région moyenne pour se rapprocher du Tropique , plus ilsemble qu’à l’égard des caractères de l’hiver la différence soit radicale entre lesdeux hémisphères. C’est manifeste surtout si l’on suit en Amérique , non le littoral im-médiat de l’Atlantique, mais la vallée duMississipi. Les vents du nord et du nord-ouestqui, pendant l’hiver, produisent sur le golfe du Mexique ces tempêtes si redoutées,qu’on y nomme los Nortes , causent dans le bas de celte vallée, du côté de la Nouvelle-Orléans , des froids qu’on est étonné de rencontrer à un niveau aussi bas et aussi prèsde la zone Torride. La canne à sucre doit être replantée tous les ans dans les sucreriesde la Louisiane , les froids de l’hiver ne permettant pas de la garder sur pied. Le coton,qui a fait la fortune du sud de l’Union, n’y est cultivé que comme plante annuelle, iln’est pas rare de voir les orangers en pleine terre détruits par la gelée à la Nouvelle-Orléans; ils souffrent plus dans ces régions méridionales qu’au pied des Alpes ,sur la Méditerranée. A la Nouvelle-Orléans le thermomètre descend tous les hiversau-dessous de zéro ; il faut y chauffer les appartements, et les chambres y ont des che-minées plus uniformément qu’au nord de l’Italie , sur le rivage. La glace et la neigene sont pas inconnues, ne sont même pas très-rares sur les bords du golfe duMexique ; on les y a vues quelquefois en grande quantité et même pendant plusieursjours de suite. En un mot, si l’on établissait un parallèle détaillé entre le littoral dela Louisiane et celui du Piémont, sous le rapport du degré de froid qu’on y éprouvecommunément pendant l’hiver, c’est à peine si l’avantage de la douceur du clima tresterait au Delta du Mississipi .
« Lorsque je dressai la carte de la Louisiane méridionale, à l’est de la Sabine, ditM. Darby , je trouvai le chêne vert ou live oak ( quercus sempe/virens ) plein de forceet de beauté le long des cours d’eau dans le Delta, et dans le voisinage ; mais une foisen dehors de la masse épaisse de forêts qui enceint le Delta par delà les marécageset les prairies des bords de la mer, dès qu’on entre dans le pays où les vents du nordet du nord-ouest peuvent se déployer sans que rien leur fasse obstacle et modèreleur furie, le chêne vert disparaît. Dans le Delta, par 30 ° 30 ' de latitude, c’est ungrand et bel arbre ; mais , sur le littoral de l’Atlantique , il conserve une belle taillejusqu’au cap Fear (latitude 34 °), c’est-à-dire à 3 ° 30 ' au-dessus du point qu’il atteint,en gardant la même stature, dans la vallée du Mississipi . II en est de même duchamœrops. En Louisiane, le beau palmiste des Antilles (areca olerana) n’existepas. L’oranger n’y réussit qu’avec difficulté au nord de 30 ° de latitude, et il netient pas en pleine terre un degré plus au nord. La canne à sucre est limitéeà peu près aux mêmes latitudes que l’oranger. « L’oranger à fruit doux (1) eom-» mence à être cultivé en pleine terre dès la ville de Beaufort (latitude 33° 26 ),
(1) Ce passage, entouré de guillemets , est extrait d’une note fournie à M. Darby par M. N. A. Ware.
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