ÉTAT DE NEW-YORK.—EXPOSÉ HISTORIQUE. 119
un service incalculable en le dotant du bateau a vapeur, et Robert R. Livingston , quiavait pris une large part aux travaux de hulton.
Les Commissaires firent des démarches auprès du Congrès et des législatures desÉtats voisins, car le concours de tous paraissait indispensable pour une entreprise sivaste eu égard aux ressources financières dont disposait alors le pays, et à sa popu-lation. Ce fut sans succès; quoiqu’il fut clair que l’exécution du canal Érié devait êtretrès-avantageuse à toute la fédération, la jalousie de quelques-uns des autres États pa-ralysa la bonne volonté du Président Madison, qui était disposé à concéder à l’État de[New-York une certaine quantité de terres publiques à titre de subvention. Leslégislatures locales auxquelles on s’était adressé se bornèrent à des vœux stériles.Quelques-unes même , et entre autres celles des petits États de New-Jersey et de Con-necticut, plus intéressés que d’autres cependant à la prospérité de New-York , ne répon-dirent qu’avec mauvaise grâce. Le projet était généralement traité de folie. Les hommesles plus éminents de l’Union disaient, les uns que tous les trésors des États-Unis n’y suffiraient pas, les autres que le.plan était prématuré d’un siècle. Néanmoins lecourage ne manqua pas à l’État de New-York. Les Commissaires, et de WitlClinton à leur tête, firent partager à leurs concitoyens l’enthousiasme raisonné quiles animait et leur conviction profonde. Le 19 juin 1812, une loi passa, qui auto-risait les Commissaires à procéder à l’exécution des ouvrages entre l’IIudson et le lacÉrié au compte de l’État, et à emprunter, à cet effet, jusqu’à concurrence d’une sommede 26,667,000 fr.
Malheureusement, au même instant, le 18 juin 1812, le Congrès déclarait la guerreà l’Angleterre. Pendant plusieurs années, les États-Unis furent en proie à une crisecommerciale presque sans exemple. Toute l’activité des Américains dut se reportervers la défense de leur pays, et ils ajournèrent leurs projets de travaux publics; mais,rigoureusement bloqués par les escadres anglaises, ils sentirent vivement alors à quelpoint il leur importait de perfectionner leur navigation intérieure.
Le 8 mars 1814, les Commissaires , dont rien n’ébranlait la persévérance, firentun rapport dans lequel ils renouvelaient leurs instances et renversaient les objec-tions élevées contre leur plan. Us appelaient aussi l’attention de la législature surles avantages d’un canal qui joindrait l’Hudson au lac Champlain . Cette fois, ils nefurent pas heureux. Sur la proposition de M. Roots, qui déjà avant la déclaration deguerre s était fait l’antagoniste des Commissaires , la législature retira à ceux-cile pouvoir de contracter au nom de l’État l’emprunt de 26,667,000 fr. Après lapaix de Gand, le 8 mars 1816, un nouveau rapport des Commissaires recommanda àla fois l’exécution d’un canal allant à l’ouest vers les grands lacs, et celle d’un se-cond canal dirigé au nord vers le lac Champlain . Ils proposaient aussi un premieremprunt de 5,333,000 fr. ( 1,000,000 de doll. ). De tous les points de l’État, les péti-tions arrivèrent à l’appui des Commissaires. Le 17 avril, la loi était enfin adoptée; elleautorisait les travaux du canal Érié et du canal Champlain, et y allouait une premièresomme de 1,066,000 fr. (200,000 doll.). Les Commissaires quelle désignait, et à qui elleconfiait des pouvoirs fort étendus, étaient MM. \an Resselaer, de Witt Clinton, Samuel