264
SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE XIII.
Établissons le même parallèle pour la ville de New-York , qui a dû, plus que toutautre point de l’État, se ressentir de l’achèvement des canaux :
PROGRESSION DE LJ RICHESSE PUBLIQUE DANS LA FILLE DE NEUF-YORK,pendant les dix années qui ont précédé et les dix années qui ont suivi l’achèvement du canal Érié.
Période antérieure.
Période postérieure.
ANNÉES.
CAPITAL
DE LA EICHESSE PUBLIQUE
ANNÉES.
CAPITAL
DE LA EICHESSE PUBLIQUE
1813.
153,392,221 fr.
1823.
559,320,215 fr.
1816.
157,729,067
1826.
375,031,852
1817.
120,777,235
1S27.
398,165,603
1818.
128,021,819
182S.
60S,101,176
1819.
121,936,523
1829.
600,138,752
1820.
370,850,685
1850.
668,203,129
1821.
361,187,010
1831.
712,827,808
1822.
580,208,768
1852.
780,280,629
1823.
378,531,010
1853.
887,931,891
1821.
115,070,272
1831.
991,925,392
1823.
359,320,213
1833.
1,166,326,116
Augmentation pendant les dix années qui ont précédé 1825. 7,678,048 fr.
Augmentation pendant les dix années qui ont suivi 1825. 723,456,144
Ainsi, plus de la moitié de l’accroissement de richesse qu’a procuré à l’État la canali-sation du territoire, a eu lieu par l’effet du développement du commerce dans la villede New-York . Ainsi l’ouverture du grand canal a provoqué dans la métropole com-merciale de la vallée de l’Hudson la formation de capitaux qui ont fécondé, non-seulement l’État tout entier, mais même les districts de l’Union les plus reculés. Preuveéclatante de ce principe d’administration, qu’un des plus sûrs moyens d’enrichir unpays, c’est de relier les districts de l’intérieur aux ports qui transportent au loin lesproduits nationaux, et qui reçoivent ceux de l’étranger.
En présence de faits pareils, il est impossible de ne pas épi'ouver une impressionpénible en songeant qu’aucun des ports de la France n’est passablement rattaché àl’intérieur. Au moyen du canal latéral à la Garonne, Bordeaux aura sous la main unepartie considérable du Sud-Ouest; la canalisation de l’Isle, de la Dordogne, du Lot , et
suivantes ont été trop élevées, parce que, le pays étant soumis alors au régime du papier-monnaie et dépourvu de numé-raire métallique, toutes les estimations étaient plus ou moins fictives et nominales. Il résulte de là que la comparaisonque nous établissons ici n'est pas parfaitement exacte ; elle l’est assez cependant pour donner une idée des effets produitspar la canalisation de l’État de New-York. Au surplus, les causes d’erreur que nous signalons n’affectent pas, dans uneproportion dont il faille tenir compte, la seconde période décennale.