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TRAVAUX DE LA NOUVELLE -ANGLETERRE .
Les tracés précédents auraient imposé un long détour aux marchandises qui au-raient eu à se rendre de Boston au Connecticut , et vice veisâ. En conséquence onavait proposé un canal plus direct qui, de Boston, serait allé déboucher dans le Connec-ticut à Springfield, par le vallon du Chickopee, et comme variante une autre ligneatteignant le Connecticut plus haut, vis-à-vis du confluent du Deerfield, de manière àse rapprocher du point de départ du canal du Connecticut à l’Hudson, en supposant({lie celui-ci eût remonté ie vallon du Deerfield.
Ce plan général, auquel se rattachaient quelques embranchements, fut l’objet deséludes qui eurent lieu dans la Nouvelle-Angleterre , après que le succès du canal Ériéeût donné l’éveil dans toute l’Union. Ces éludes furent faites, soit par des ingénieursqu’avaient choisis les législatures des États intéressés, soit au nom du gouvernementfédéral, par des officiers au service de l’Union. Le colonel Aberl, du corps des Géo-graphes, eût la principale part dans la préparation et la rédaction des projets dresséspar ordre des autorités fédérales, et il s’acquitta avec distinction de cette tachecomplexe. Les habitants de la Nouvelle-Angleterre brûlaient d’imiter leurs voisins del’État de New-York. A l’égard de l’Ouest, ils avaient alors un motif de plus que par lepassé, pour tenir à ce qu’il leur fût facilement accessible : l’esprit manufacturier s’étaitimplanté parmi eux; des filatures de coton et de laine, et des. fabriques d’étoffes,surgissaient de toutes parts dans leurs vallées; ils aspiraient à fournir de tissuset de divers articles manufacturés les populations agricoles de l’Ouest. Dès lors,l’idée de diverses lignes convergeant vers l’IIudson et même vers le lac Champlain devait fixer leur attention. Mais l’exécution du réseau de canalisation qui vient d’êtreesquissé eût été extrêmement dispendieuse. Le nombre des points de partage, com-pris entre le Kennebec et l’iludson, et l’élévation de quelques-uns de ces points, étaientformidables. L’entreprise eût exigé le concours de plusieurs États, dans les conseilsdesquels les idées d’intérêt local, bien ou mal entendu , ont souvent un empire tropexclusif. Elle était au-dessus des forces de l’esprit d’association, qui, dans la Nouvelle-Angleterre , n’a pas ou au moins n’avait pas alors confiance en lui-même pour degrandes choses, et auquel les lois de cette partie de l’Union ne sont pas aussi favo-rables que celles des autres États (1). Enfin, raison décisive d’ajournement, on nepouvait en attendre que des revenus très-modérés. Il n’y eut donc aucune tentativegénérale de réalisation à la suite de ces études. Les travaux publics de la Nouvelle-Angleterre se bornèrent pour le moment à quelques ouvrages d’un faible parcours,ouverts sur une modeste échelle, c’est-à-dire à des dérivations dans les vallées duConnecticut et du Merrimack, et à quelques canaux sur lesquels nous reviendrons tout
(1) D'après les lois de l'Etat de Massachusetts , chacun des actionnaires d'une compagnie est personnellement respon-sable de tous les engagements de la compagnie. Ainsi, dans cet État, il n’y a pas d’associations semblables à ce qu'onappelle, dans le reste de ITnion et en Angleterre, des compagnies incorporées, et, en France , des compagnies anonymes,où chacun n’est engagé que pour le montant de ses actions. Les sociétés commerciales du Massachusetts sont, à l’égardde la responsabilité des actionnaires , semblables à nos sociétés en nom collectif.