298
SECONDE PARTIE. SECTION I. CHAPITRE XVI.
les autres tributaires de l’Atlantique plus septentrionaux que lui. Ainsi on avait étudiéun canal du Connecticut au Merrimack, par les vallons de l’Oliverian et duBaker’s. Quittant le haut Connecticut dans les environs dellaverhill (New-llampshire),on eût rejoint le Merrimack àPlymouth, bien au-dessus de Concord, là où il porteaussi le nom de Pemige’wasset. De là , par les étangs de Squam, le lac Winnispiscogee,et le vallon du Cocheeo , en passant par Dover, on eût atteint le Piscataqua, à l'em-bouchure duquel est l’excellent port de Portsmouth ( New-IIampshire ). D’autrestracés avaient été étudiés entre le Connecticut et le Merrimack. On a reconnu ainsique là jonction des deux fleuves exigerait un canal d’un assez faible développement,d’environ 65 kilom., mais où il y aurait au moius 350“ de pente et contre-pente. Lecanal qui unirait le Merrimack au Piscataqua, par Plymouth et Dover, n’aurait à peuprès que la moitié de cette chute à racheter ; son parcours serait d’environ 100 kilom.en comptant la traversée du lac Winnispiscogee et des étangs de Squam , qui formeraitle tiers de la distance.
En poursuivant vers le Nord on rencontre, après le bassin du Piscataqua, deuxbassins peu considérables , celui de Saeo d’abord , et ensuite celui de Caseo, dans lequelon trouve quelques lacs assez spacieux et sur le littoral duquel est bâtie Portland, villeprincipale de l’État de Maine . Au delà est le grand bassin du Kennebec qui tourne ceuxde Casco et de Saco , de manière à les envelopper par derrière et à devenir contigu àcelui du Merrimack. Le bassin du Kennebec est partagé en deux vallées étendues, cellede l’Androscoggin, au midi, et celle du Kennebec, au nord, qui ne se réunissent qu’àquelques lieues de la mer. On a reconnu que la liaison du Merrimack avec l’Andros-coggin était aisée, en remontant l’Amonoosuck, tributaire du haut Merrimack, pourdéboucher dans l’Androscoggin, au-dessous des chutes situées dans la commune deMaynesborough. Le canal de jonction aurait 39 kilom. de long avec 117“’,33 seulementde pente et contre-pente à franchir, fait remarquable à cause de la hauteur desmontagnes qui borderaient le bief de partage de chaque côté, surtout du côté de la mer.
Entre l’Androscoggin et le Kennebec, on avait découvert aussi un tracé avantageux.En profitant des lacs et des étangs dont cette région abonde, et en les liant les unsaux autres et aux cours d’eau par des coupures, on pourrait aller du sommet deschutes de Chenerv, sur l’Androscoggin, à Gardiner sur le Kennebec, avec une suite depetits canaux, dont le développement total serait de 30 ^ kilom., et où il n’y aurait que54™,90 de chute à racheter. Dans les cours d’eau à canaliser, il suffirait de cinq barrageset des écluses nécessaires pour 10”,06 de pente. On déboucherait dans le Kennebec àGardiner, en un bassin au bas duquel commence la navigation maritime, et qui cepen-dant domine la marée basse de 40 ,n ,87.
En même temps on songeait à un canal du Connecticut à l’Hudson, entre les villes deSpringfield et d’Iludson, ou plus haut, par le vallon du Deerfîeld, affluent du Connec-ticut , et celui de l’Hoosack, affluent de l’IIudson. Cette entreprise eût été bien difficile.
On aurait eu ainsi un réseau de canalisation étendu sur toute la Nouvelle-Angleterre ,et communiquant avec les vastes régions de l’Ouest par les canaux de 1 État de New-lork, qui partent de l’Hudson.