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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE I.
généraliser le goût des travaux publies, et surtout celui des chemins de fer, parmi lapopulation de la Pensylvanie , a réclamé aussi, pour l’État qui lui a donné le jour, lagloire du premier chemin de fer qu’ait possédé l’Union. Il a rappelé que, dès 1816, unpetit chemin avec des plans inclinés automoteurs avait été établi par M. Boggs sur lesbords du Kiskiminetas. La première route à barrières qui ait existé aux États-Unis est celle de Philadelphie a Lancaster. Les ponts de bois de la Pensylvanie sont depuislongtemps célèbres dans l’Union par leur nombre et leur beauté, et l’un des noms parlesquels la Pensylvanie est communément désignée est celui de l’État aux ponts (Briclgc-Staté). Enfin, c est un Pensylvanien, le célèbre Oliver Evans de Philadelphie , qui a eu lepremier, il y a quarante ans, même avant M. R. Stephenson et avant M. Séguin l’ainé,inventeur de la chaudière tubulée, l’idée de la machine locomotive. Cet homme de gé-nie prédisait dès lors l’emploi qu’on en ferait sur des chemins à ornières, et il fit mêmemarcher le premier de ces merveilleux appareils qu’ait vu la civilisation, dans les ruesde Philadelphie , dès 1804. En 1817, quand le canal Érié fut entamé, et même en 1825,quand il fut fini, de tous les États de l’Union, la Pensylvanie était celui dont les ci-toyens avaient fait les plus grands sacrifices pour ouvrir des lignes de transport sur leurterritoire.
Tout annonçait donc que l’État de Pensylvanie serait un digne émule de celui deNew-York . En effet, dès que les doutes qui avaient été conçus généralement au sujetde l’exécution du grand canal Érié, eurent été dissipés par le rapide avancement destravaux sur toute la ligne, et par le succès de la navigation partielle établie sur delongues sections de l’ouvrage, les sentiments de rivalité, dont Philadelphie a toujours étéanimée vis-à-vis de New-York , furent vivement excités. Les hommes les plus influentsagitèrent hautement la question d’un canal jeté entre Philadelphie et Pittsburg surl’Ohio, à l’autre extrémité de l’État. En raison d’une heureuse nécessité du gouverne-ment représentatif, où chaque district a un défenseur chargé de faire valoir ses droits,cette question devint bientôt celle d’un réseau de canalisation ramifié sur toutes lesparties de la Pensylvanie , car il eût été impossible d’obtenir l’assentiment de la majoritéde la législature à l’accomplissement de travaux qui n’eussent profité directementqu’à une portion de l’État.
Le système de communication le plus convenable à la Pensylvanie est assez aisé à dé-terminer. La grande ligne de l’Est à l’Ouest devait nécessairement être dirigée de Phi-ladelphie à Pittsburg. Philadelphie est la métropole et le centre commercial de l’État.Pittsburg est situé sur l’autre revers des Alleghanys , à l’extrémité opposée de la Pen-sylvanie, dans une position admirable, entête de l’Oliio , à l’origine de la navigation àvapeur permanente ; en population, Pittsburg est la seconde ville de l’État, et, sousle rapport manufacturier, il n’a pas de rivaux dans toute l’Union américaine .
Il est clair, à l’inspection de la carte, qu’il fallait, de la vallée de la Delaware où estPhiladelphie , passer dans celle de la Susquehannah, remonter ce fleuve ou 1 un deses affluents jusques au cœur de la chaîne des Alleghanys, et franchir la crête centralepour gagner la vallée de la rivière Alleghany qui s’unit avec la Monongahela à Pitts-burg pour former l’Ohio, ou celle du Conemaugh , affluent de l’Alleghany.