PENSYLVANIE . — APERÇU HISTORIQUE. 323
ne sont nulle part aussi vastes et aussi variées qu’en Pensylvanie . A côté de la houillebitumineuse, cet État renferme un magnifique gîte d’anthracite, combustible précieuxdont l’usage s’étend tous les jours au nord et au midi, qui, pour la consommationdomestique, est sans rival, et qui reçoit sans cesse des applications nouvelles; etseule de toute l’Union, la Pensylvanie possède cette richesse supérieure aux plusproductives mines d’or. Le voisinage des mines de fer double , pour elle, le prix de sesmines de charbon de toute espèce. Jusqu’à ces dernières années cependant, tous cestrésors restaient enfouis et presque sans valeur, parce que l’on manquait de lignesde navigation régulières et permanentes. 11 y avait néanmoins, depuis longtemps,beaucoup de bateaux qui s’aventuraient parmi les rapides de la Susquehannah, àl’époque des crues : c’étaient presque uniquement des bateaux plats qu’on dépeçait,une fois parvenus à l’embouchure du fleuve (1), comme nous faisons à Paris pourles bateaux de la Loire. Mais le nombre des sinistres était effrayant, et la navigationascendante était impossible.
De l’ensemble de ces conditions hydrographiques, il résulte que les travaux destinésà perfectionner ou à créer en Pensylvanie la navigation intérieure, indépendamment dela grande ligne de Philadelphie à Piltsburg, devaient avoir pour objet, d’abord laSusquehannah avec ses trois branches de la Juniata, de l’Ouest et du Nord-Est, puis sesaffluents principaux, tels que le Raystown, le Lycoming, le Bald Eagle , le Lac-kawanock, qui coulent à travers des terrains fertiles, couverts de beaux bois deconstruction, ou qui sont bordés de gîtes importants de charbon et de fer. Enoutre, du côté de l’Ouest, il y avait à améliorer l’Alleghany et la Monongahela .L’un des affluents de l’Alleghany, le French Creek, dont le cours est à peu près toutentier dans l’État, a sa source près du lac Érié, à peu de distance de la ville d’Érié , dontl’avantageuse situation sur le lac avait autrefois frappé les Français , alors maîtres duCanada et du bassin des grands lacs. Nous y avions établi un poste appelé Presqu’île,dont le nom, qui avait disparu avec la domination française, et qu’on avait remplacé
(1) Dès 1826 on estimait à 26,600,000 fr. les objets qui arrivaient à l'embouchure de la Susquehannah, sans compterceux qui s’arrêtaient en route.
Pendant la saison de 1826, du 5 mars au 5 juillet, il était passé à Columbia 2,291 trains de bois ou bateaux chargés defarine, whiskey, salaisons, fer, charbon. Savoir :
Bateaux plats ( arks ).1,037
Bateaux à quille (keel boats) . 164
Trains de bois {rafts) . 1,090
Total.. . 2,291
En 1827 le nombre des trains ou bateaux qui passèrent à llarrisburg, et dont une partie seulement descendit à Co-lumbia , parce que beaucoup de bateaux s’arrêtaient déjà à l’embouchure du Swatara, fut de 3,301, savoir :
Bateaux plats.1,370
Bateaux à quille. 300
Trains de bois.1,631
Total
3,301