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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE IV.
A l’égard de l’exécution proprement dite des locomotives américaines, elle est, dansles ateliers d’élite, fort bonne et fort soignée. Quelques écrivains américains , animés enfaveur de l’industrie de leur patrie d’un enthousiasme louable, les ont vantéesoutre mesure. On a proclamé avec orgueil des résultats qui attestaient que cesmachines possédaient une grande puissance, sans s’informer toujours si ces résul-tats n’avaient pas été obtenus aux dépens de la prudence, en exagérant la pression dela vapeur, et même si ce n’étaient pas des tours de force en dehors de la pratiquejournalière. On en a conclu que les locomotives américaines étaient déjà supérieuresaux machines anglaises. Des renseignements puisés abonne source nous autorisent à direque ce n’est encore là qu’une de ces hyperboles familières en tout pays aux partisansde l’industrie nationale, et qu’en 1839 encore les meilleurs ateliers de l’Amérique , misen concurrence avec les meilleurs ateliers anglais , auraient eu le dessous. La fabri-cation des locomotives est difficile. Il n’y a pas de machine qui veuille plus de préci-sion et de solidité dans toutes ses parties. Elle réclame , dans le matériel des établis-sements , une perfection que l’on n’atteint pas sans peine ni sans délai. Elle exige,dans le personnel des ouvriers, des qualités qui n’existent en Angleterre que par l’ef-fet d’un progrès lentement continué à travers les générations, et qui ne sauraient ins-tantanément s’acquérir, même chez un peuple tel que celui des États-Unis , qui n’a pasde rivaux dans l’art d’utiliser le temps.
Au surplus, l’industrie américaine des locomotives a reçu des hommages significatifs,qui prouvent qu’il y a peu d’ateliers en Europe que les Européens eux-mêmes jugentcapables d’être mis au-dessus de ceux de ses coryphées. Des compagnies européennesde chemins de fer, et même des compagnies anglaises, telles que celle de Birmingham à Gloucester, se sont adressées aux fabricants de Philadelphie pour les locomotivesdont elles avaient besoin.
Voici une indication sommaire des données principales et des prix après livraison àNew-York, à Philadelphie ou à Baltimore , des diverses classes de machines à sixroues de M. Norris et de M. Baldwin.
Machines de M. Norris.
l r » CLASSE.
2' CLASSE.
3° CLASSE.
Diamètre des cylindres.
0 m ,292
0 m , 267
O m , 229
Course des pistons.
0, 437
O, 437
0, 437
Poids.
10 »•
8 *■
6
Prix (1).
43,330 fr-
40,000 fr-
34,670 fr-
Machines de M. Baldwin.
1" CLASSE.
2' CLASSE.
5° CLASSE.
Diamètre des cylindres en mètres. .
0 m , 318
0 m , 303
0 m , 267
Course des pistons. id. . . .
©
©
©
0, 406
0, 406
Poids avec l’eau et le combustible ( 2 ).
H i l -
10 ï f*
9‘- 7
— sans id. id.
9
9
8
Prix (3).
42,800 fr-
40,123 fr-
34,773 fr
(1) Les prix cotés ici sont de la fin de 183S.
(2) C’est-à-dire, tel qu’il s’évalue ordinairement.(5) Ces prix sont de la fin de 1839.