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Tome premier.
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SECONDE PARTIE. SECTION II. CHAPITRE XIV.

quehannah au-dessous de Columbia, avaient été sans succès. La Pensylvanie etle Maryland avaient établi quelques petites dérivations pour éviter les plus mauvaispassages. Entre lendroit sarrête la navigation maritime et la frontière de Pensyl­ vanie , lÉtat de Maryland avait fait pratiquer, presque en entier dans le roc, un canalde 15 kilom., large de 9 m et profond de 0 m ,91, avec 8 écluses de 30 m de long sur3 M ,65 de large. Quelques améliorations avaient été effectuées, en amont, sur le terri-toire de la Pensylvanie , entre la frontière des deux États et Columbia. Mais elles étaientbeaucoup plus incomplètes que ce qui avait été exécuté en aval, et cependant mêmeon navait point remédié au mal, car les bateaux plats qui descendent la Susquehannahet qui ont 5 m ,19 de large, ne pouvaient se servir décluses de 3 m ,65. Il fallait un canal àgrandes dimensions de Columbia au point extrême de la navigation maritime, etcest ce quune compagnie a commencé avec lautorisation des deux États de Maryland et de Pensylvanie , en 183G. Ce canal de Columbia à Havre-de-Grâce, quon vient determiner (1840), va apporter un grand perfectionnement aux communications entrelEst et lOuest. Malheureusement Philadelphie ne peut que perdre à louverture decette ligne, car son port cessera dès lors de recevoir les objets encombrants qui doi-vent composer la majeure partie des exportations de la vallée de la Susquehannah.

Cest une inévitable conséquence de la faute que commit Penn, en plaçant dans lavallée de la Delawarela ville quil fondait. Séduit par la beauté de la baie et par lesavantages que semblait offrir un emplacement situé au confluent de deux rivières, luneet lautre en cet endroit larges et profondes, il ne songea pas à assuierà sa colonie ce quiest la condition dun grand commerce extérieur, un vaste bassin hydrographique ca-pable de consommer ce quelle eût fait venir du dehors, et de lui expédier en retour,par grandes masses, les produits du sol et ceux des manufactures. 11 prit la Delaware pour un magnifique fleuve, sétendant au loin dans lintérieur, et il se trompa,car, à quelques pas en amont de Philadelphie , elle est encombrée décueils ; et son bas-sin est des plus exigus. 11 y a ainsi dans la position de Philadelphie une donnée fâcheusecontre laquelle jusquà présent on a vainement lutté, quoique de grands efforts aientété déployés, soit par la construction des chemins de fer de Columbia et de Harrisburg ,soit par létablissement des deux canaux du Schuylkill et de lUnion. Pour que Phi­ ladelphie eût pu soutenir la concurrence de New-York ou contre-balancer lavantageque donne à Baltimore sa situation avancée dans lintérieur, grâce à la longueurde la baie de Chesapeake , il lui eût fallu un canal direct, sans grande hauteur àfranchir, jusquà la Susquehannah ; et ce canal a jusquà présent été réputé tout à faitimpossible.

Par le nouveau canal, les marchandises, que les navires de mer déposeront à Havre-de-Grâce, auront pour gagner lintérieur 59 kilom. de moins à parcourir quen débar-quant à Philadelphie , et nauront point de transbordement à subir à Columbia.

Il est fâcheux que lÉtat de Pensylvanie , qui possède une si belle étendue delignes navigables dans le bassin de la Susquehannah , et dont les citoyens y multiplientmaintenant les chemins de fer, ait laissé à une compagnie le soin de rattacher tous cestravaux à la mer , et lui ait permis ainsi de faire la loi au vaste commerce de ce riche