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PENNSYLVANIE . — CANAL LATÉRAL DE COLUMBIA A LA MER.
bassin. On n’a pas tardé à sentir cette faute. En 1838 il était question de faire , aunom de l’État, l’acquisition du canal de Columbia à Havre-de-Grâce. La pensée que leshabitants d’un autre État pourraient se rendre les maîtres de ce débouché si indis-pensable à la Pensylvanie , préoccupait vivement alors la législature pensylvanienne.
Le canal de Columbia à Havre-de-Grâce, a 15 m ,25 de large à la ligne d’eau et l m ,52de hauteur d’eau. Sa longueur est de 72 { kilom. La pente rachetée, depuis le bassinde Columbia jusqu’à la mer, est de 72 m ,44. Les écluses ont 5 ra ,19 de large et unelongueur de 54 m ,90 partagée en deux compartiments égaux , de manière à représen-ter un double sas de 27 m ,45, ainsi que nous l’avons dit ( page 482) pour le canal latéral àla Branche Occidentale de la Susquehannah. 11 peut ainsi donner passage aux bateauxplats et aux trains qui descendent le fleuve pendant les crues.
On comptait, à la fin de 1838, que la dépense serait de 14 millions, ou par kilom.de 194,500 fr.
L’État de Maryland a avancé à la compagnie un million de dollars.
La rivalité entre les métropoles disséminées sur le littoral et entre les divers Étatsqu’a enrichis et fécondés le commerce de ces métropoles , est la principale des causesqui ont déterminé l’entreprise de toutes les voies de communication, commencées ouachevées, du bord de la mer à l’ouest des monts Alléghanys. Elle est sans cesseen éveil. Elle se manifeste à toute occasion et sous toutes les formes. C’est un admi-rable levier de perfectionnement, un puissant auxiliaire de la liberté d’action laisséeaux citoyens dans chaque État. Mais quelquefois elle donne lieu à des restrictionségoïstes et à des rigueurs inconnues chez les peuples soumis à un régime d’unitéet au principe de la centralisation. L’histoire du canal de Columbia à la mer rappro-chée de celle du chemin de fer de Gettysburg , qui doit atteindre, à Williamsport ,sur les bords du Potomac , le chemin de fer de Baltimore à l’Ohio, et l’unir au cheminde fer pensylvanien de Columbia, offre un remarquable exemple de celte jalousie, desconflits qu’elle engendre et des transactions qu’elle nécessite. II était clair que la com-pagnie du chemin de fer de Baltimore devait gagner à la jonction de sa ligne avec lechemin de fer de Columbia, puisqu’il devait en résulter qu’une certaine quantité demarchandises et de voyageurs viendrait de Philadelphie parcourir, en totalité ou enpartie, le chemin de fer de Baltimore à l’Ohio , à l’ouest de Williamsport . Cependantil y avait à prévoir le cas où les administrateurs des deux chemins de fer compris en-tre Philadelphie et Williamsport , s’efforceraient, par la réduction de leurs péages,d’attirer à Philadelphie les objets venant de l’Ouest, au détriment de la ville deBaltimore qui, étant plus voisine des régions de l’Ouest que Philadelphie , prétendreprendre une bonne part de ce commerce, dont elle avait presque le monopole avantl’ouverture du canal Érié et du canal de Pensylvanie , et peut-être au désavantage dela compagnie du chemin de fer de l’Ohio, en ce sens qu’elle eût perçu moins de péagesentre Williamsport et Baltimore . Le cas était peu probable, mais il était possible.De Williamsport à Baltimore il y a moins loin que de Philadelphie . Dès lors, en cas delutte, la supériorité eût dû définitivement rester aux commerçants de Baltimore et à lacompagnie du chemin de fer de Baltimore à l’Ohio. Néanmoins la législature de Ma-