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SOLUTION GÉNÉRALE DU PROBLÈME DES MACHINES.
par la force naturelle arrive, au bout d’un certain temps, dansune position telle que cette force ne puisse plus exercer son action,il est nécessaire, pour assurer la continuité du mouvement, de ra-mener artificiellement l’organe dans sa position primitive, commeon le fait, par exemple, dans les horloges.
Dans quelques machines, le mouvement se trouve limité à detrès-faibles changements de position des membres de chaîne mo-biles, comme dans les balances, et il est alors nécessaire de rétablir,à chaque instant, la position appropriée à l’action de la force. Nousnous bornerons, pour le moment, à ces exemples, en nous réser-vant de revenir plus tard sur toutes ces questions, pour les traitersystématiquement.
L’expression de machine n’est pas toujours appliquée d’une ma-nière très-logique. Les seuls cas où on l’emploie ordinairement, depréférence, sont ceux dans lesquels on constate une manifestationévidente ou continue de la force ou du mouvement. Ainsi, certainsauteurs refusent le nom de machine à la balance, en se fondant surce que les mouvements s’y trouvent compris entre des limites très-étroites, et, pourtant, il est incontestable que la balance mérite bienle nom de machine, puisque la force et le mouvement s’y trouventutilisés exactement de la même manière que dans toutes les autresmachines. On pourrait soutenir avec beaucoup plus de raison queles appareils de mesure du géomètre, comme, par exemple, le théo-dolite, ne sont pas de véritables machines. En réalité, ce sont desmécanismes , dans l’acception rigoureuse que nous avons précédem-ment donnée à ce mot, sur lesquels l’action des forces s’exercede la manière que nous avons indiquée, toutes les fois qu’on en faitusage. Comme, d’ailleurs, dans ces appareils, les forces mises enjeu sont peu importantes et qu’ils ne fonctionnent que de temps àautre, il parait préférable de leur conserver le nom d 'instruments.Toutefois, ici encore le nom de machines n’a rien d’incorrect, comme
il est facile de s’en convaincre en réfléchissant que, dans cette classed’appareils, figurent les gigantesques télescopes anglais , avec lespuissants dispositifs qui permettent de les régler et de leur donnerle mouvement de rotation ; au point de vue de l'espèce et du butdu mécanisme, ces grands appareils sont tout a fait analogues auxpetites lunettes de poche et ri’cn diffèrent que par les proportions.C’est également une opinion assez répandue qu’on ne doit pasappliquer le nom de machines à certains dispositifs qui se rencon-trent tout formés dans la nature. Deux blocs de pierre, qui, en agis-