60 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES,
rester en dehors du domaine des choses pratiques. Nous n’avonsabandonné ce dernier, pour celui de l’abstraction, que dans le seulbut d’arriver à reconnaître plus clairement la marche compliquéede notre problème. C’est précisément par ce choix à faire, entre cequi est pratique et ce qui ne l’est pas, que nous nous trouvons denouveau ramenés dans le domaine de la réalité.
La cinématique doit, par conséquent, dans les écoles, marchersouvent de compagnie avec la pratique et, pour toutes les solutionsfournies pa^l’empirisme, elle doit se proposer, non-seulement d’enétablir la théorie, proprement dite, mais encore de rechercher dequelle manière on est arrivé à chacune de ces solutions, c’est-à-direde faire la théorie de son invention.
Une chose bien remarquable, c’est qu’il n’existe presque aucunproblème cinématique, aucune déduction des principes théoriques,si hardie qu’elle soit, dont on ne puisse trouver un exemple dans lapratique. La théorie n’a, d’ailleurs, pas besoin, pour cela, de marchertoujours derrière la pratique, comme elle ne l’a fait jusqu’ici quetrop souvent; elle doit bien plutôt chercher à rassembler ce qui estconforme aux lois générales, dans ce qui a été trouvé précédemment,et des étincelles isolées former une grande flamme, destinée à éclai-rer la voie des découvertes cl à servir de guide à des progrès ulté-rieurs et décisifs. En un mot, c’est sur le pied d’uue estime réci-_ proqueque doivent se placer, l’une par rapport à l’autre, la théorieet la pratique, dans toutes les questions relatives à la constitutiondes machines.