59
SOLUTION GÉNÉRALE DU PROBLÈME DES MACHINES.
cielle, aux lois fondamentales qui les régissent ; pour le même motif,il comprend qu’il soit souvent nécessaire de toute l’intelligence d’unhomme pour faire faire un seul pas en avant à quelques-unes desquestions que comporte ce problème.
Pour avoir une idée des difficultés que la théorie doit surmonter,au moins lorsqu’elle reste dans le domaine de l’abstrait, il suffitd’examiner les transformations successives qu’ont subies, depuisleur origine jusqu’à nos jours, les principales machines de l’indus-trie ; comme exemples particulièrement intéressants à ce point devue, nous pouvons citer le métier à filer et la machine à coudre.La première de ces machines a exigé le travail de trois générations,pour arriver à son état actuel, lequel est encore susceptible de per-fectionnements, bien qu’il soit le produit des efforts successifs desmécaniciens les plus distingués. D’un autre côté, il ne faut pasperdre de vue que les principes précédemment développés sont en-tièrement nouveaux, et il est nécessaire, par suite, de les appliquer,avec beaucoup de soin, à de nombreux cas particuliers; il con-vient également d’étendre leur application à tous ces cas quisemblent parfaitement connus du constructeur, mais qui, n’ayantpas encore été soumis à la lumière de ces principes, peuvent se ré-véler, dans cette étude, sous un certain nombre d’aspects nouveaux.On comprend, d’après cela, que nous ne pourrons parvenir qu’aubout d’un certain temps à des propositions qui soient susceptiblesd’une application immédiate.
Mais, lorsque nous aurons achevé la démonstration des lois surl’existence desquelles repose notre procédé, nous aurons, par celamôme, atteint la limite jusqu’à laquelle la théorie doit s’offrircomme maîtresse et comme guide pour l’enseignement.
L’application des lois générales exige, en effet, de la part du pra-ticien, une sagacité spéciale pour arriver à faire de la machine uneœuvre pratique , en entendant, par là, une machine qui résout défi-nitivement et bien le problème proposé , et cela par des moyens aussisimples et aussi peu nombreux que possible. C’est là une chose qu’onne peut enseigner que dans une assez faible mesure et qui ne peutêtre expliquée clairement que sur des exemples ; car l’abstractionscientifique peut uniquement, pour la machine, montrer ce qu’il estpossible de faire, et elle ne possède aucun critérium pour le choixà faire entre ce qui est pratique et ce qui ne l’est pas.
On a souvent reproché à la théorie cette absence de critérium;rnjjig ce reproche n’est réellement fondé que lorsqu’elle s’obstine à