62 PRINCIPES PIIORONOMIQUES.
science de la représentation géométrique des mouvements. C’est àcette science, ainsi définie, que nous proposons de conserver le nomde phoronomie ; comme nous aurons à faire fréquemment usagede ceux de ses théorèmes qui se rapportent spécialement aux corpssolides, nous nous trouverons naturellement conduits à les exposerun peu plus loin.
La partie purement mathématique des questions de phoronomieque nous avons à considérer constitue la matière de la science spé-ciale que le professeur Aronhold a désignée sous le nom de « géomé-trie cinématique. » Elle est, en fait, une partie de la phoronomie,et nous ne voyons aucune utilité à lui donner une désignation spé-ciale. Si à cette partieon ajoute lesconsidérations relatives aux actionsdes masses des systèmes de points en mouvement, on donne nais-sance « à la mécanique phoronomique. » C’est la science que, dansces derniers temps, certains auteurs français ont proposé de dési-gner sous le nom de « cinématique pure » (V. l’Introduction,p. 19). Si, comme nous l’espérons, notre manière de voir venaità se généraliser, elle aurait pour résultat de faire disparaître l’es-pèce de confusion qui règne encore actuellement, en permettant dedéfinir avec clarté les différentes subdivisions de la science ; en touscas, il est à désirer qu’on mette fin à l’ambiguïté de toutes les dési-gnations en usage jusqu’à ce jour.
Jusqu’à ces derniers temps, dans les écoles polytechniques del’Allemagne , l’enseignement ne comprenait absolument que lesparties les plus élémentaires, les plus simples de la phoronomie,c’est-à-dire celles qui se rapportent au mouvement du point et quise trouvent traitées dans un si grand nombre de livres d’enseigne-ment qu’elles sont aujourd’hui familières à tout mécanicien pra-tique, pour lequel les notions scientifiques présentent quelque inté-rêt. Les problèmes relatifs aux systèmes de points ne sont, au con-traire, traités qu’exceptionnellemenl et sous forme d’exemples ; ilsne se rencontrent que très-rarement dans les livres offerts auxtechniciens, et, dans ceux où ils se trouvent, ils sont présentésplutôt comme des additions intéressantes que comme des problèmesessentiels. Ces problèmes sont, en réalité, d’une très-grande impor-tance pour la cinématique, et ce sont les seuls dont nous nous oc-cuperons ici. J’ose espérer qu’une grande .partie des théorèmes quenous développerons, dans le cours de nos recherches, offrira quel-que intérêt de nouveauté, même pour des ingénieurs exercés. Unedes propriétés les plus importantes des solutions que nous aurons