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Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
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ORIGINES DES MACHINES.

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un mouvement progressif, ou pour exercer une pression, ou enfinpour servir comme moyen dassemblage de pièces ; il nest pasmoins difficile déclaircir de quelle manière se construisait à lori-gine lécrou ou la vis creuse. Nous ne pouvons que recommanderinstamment létude de ces questions dorigine aux linguistes et à tousceux qui soccupent de recherches relatives à lantiquité.

A côté de la variété des mouvements qui se multipliaient avecrapidité dans les machines, le développement des forces motricesne sopérait, au contraire, quavec une certaine lenteur. Lopinion,exposée précédemment, que la première machine a été lappareil àmouvement alternatif pour la production du feu, dans lequel l'em-ploi de la force joue un rôle peu important, se trouve en contra-diction avec lidée, universellement acceptée, que cest au levierquappartient cette priorité.

Sans même soulever cette objection préjudicielle que les notionsrelatives à ce quon appelle le levier auraient encore grand besoindêtre éclaircies et approfondies, nous devons faire remarquer quenadoptant cette dernière opinion, on parait ne se rendre nullementcompte du chemin que suivent ordinairement les facultés humaines,dans leur développement, et quelles doivent avoir suivi de touttemps. Lhypothèse daprès laquelle le levier serait la machine laplus ancienne se rattache évidemment à lidée des tentatives quelhomme doit avoir faites pour arriver à vaincre de grandes résis-tances. Or, ce ne sont pas les forces qui se sont tout dabord mani-festées à lintelligence humaine, à ses débuts, mais bien / lesmouvements quelles produisent. Lenfant est vivement frappé parla vue des moulins à vent, des roues hydrauliques, des marteaux -PÜons et, en général, de toutes les machines qui exécutent des mou-vements réguliers, faciles à saisir au premier coup dœil ; mais ilna pas la moindre idée des forces utilisées pour obtenir de tels mou-vements. Labstraction, indispensable pour concevoir la force sé-parée du mouvement, constitue une opération de lesprit assezcompliqué qui a exigé une longue période pour arriver à soncomplet développement. Cest pour celle raison que, dans les pre-mières machines sorties des mains de lhomme, encore peu exercées,la force ne jouait quun rôle assez secondaire, en rapport aveccelui que permettaient les efforts des membres, agissant dunemaniéré en quelque sorte inconsciente.

Cest pour la même raison que les esprits non cultivés s'acharnentaujourd hui encore à la recherche du mouvement perpétuel. Comme