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Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
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HISTOIRE DU DÉVELOPPEMENT DES MACHINES.

de lescargot; or, lanalogie, dans ce cas, se limite uniquement à laforme creuse, sans que la figure spirale y entre pour rien.

De plus, en acceptant comme vraie l'hypothèse que la vis dérivede limitation dune forme naturelle, on serait conduit à admettreune interruption dans le développement progressif des machines,laquelle serait complètement en contradiction avec le mode destratification des idées, que nous observons dans dautres cas. Enoutre, la coquille descargot ne fournit que le modèle dune visconique, cl, dès lors, cette dernière aurait forcément subir unetransformation pour arriver à la forme cylindrique. Enfin, ce quiconstitue pour nous un argument encore plus décisif, la coquilledescargot ne nous offre en rien lexemple dun accouplement délé-ments du genre de celui qui nous occupe ; elle ne peut donneraucune idée du mouvement relatif qui caractérise le couple « vis etécrou » et de la faculté dengendrer une pression qui en est la con-séquence.

Il semble beaucoup plus probable que linvention de la vis et delécrou a eu pour point de départ lobservation du mouvement héli-coïdal engendré accidentellement dans certains appareils. Sans vou-loir faire autre chose quune simple hypothèse, nous pouvons sup-poser que le foret à mouvement alternatif de la fig. 161 a ouvertindirectement la voie qui devait aboutira ce couple déléments. À lasuite dun usage longtemps prolongé, la corde enroulée autour dela tige mobile peut, grûce à la pression et au frottement, avoir dé-terminé sur celte tige des saillies hélicoïdales, qui, dans le mouve-ment de rotation du bois résultant de lenroulement, faisaient lof-fice de filets de vis, tandis que la corde, avec ses différents tours,jouait le rôle décrou. Cette observation sétant répétée un grandnombre de fois peut très-bien avoir conduit, peu à peu, à dutilesapplications de la combinaison machinale obtenue ainsi, en quelquesorte, par hasard. Cette opinion se trouve fortement corroborée parla forme du mot schraube, qui, dans la langue allemande, sert àdésigner la vis. Dans les langues latines cl dans la langue anglaise,le filet de vis se trouve encore aujourdhui désigné par desexpressions qui rappellent le fil ou la corde (filello, filet, Ihreud).Toutefois, il convient de ne pas trop insister sur ce point, car rienne prouve que ces dénominations ne soient pas postérieures à lin-vention de la vis. Il est difficile darriver à établir quel a été le butquon sest proposé dans les premières applications de la vis et dedéterminer, par suite,si elle a été employée dabord pour produire