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MODE DE DÉVELOPPEMENT DE LA MÉCANIQUE MODERNE.
se trouve condamné à n’avoir jamais que des solutions imparfaites,parce qu’il repose, au fond, sur une contradiction. On se propose, eneffet, de créer une machine et, en môme temps, on renonce à lapropriété la plus essentielle des machines, l’accouplement des élé-ments. D’un autre côté, dans la même question, on peut constatercertaines tentatives faites pour introduire, au moins, une pièce trans-portable, susceptible de s’accoupler, comme élément, avec la roue;c’est ce qui a lieu, par exemple, dans la locomotive routière deBoydell; il y a là évidemment une manifestation de la tendance gé-nérale à limiter la clôture de force. De même, la roue motrice àbandage en gonnne élastique de Thompson, pour locomotive routière,est, au fond, un indice de cette tendance ; en effet, le bandage élas-tique, qui, en s’aplatissant extérieurement, se moule sur le pavagede la route, offre, à son contact avec la partie rigide de la jante, unesurface lisse et uniforme, qui correspond à celle que présenteraitun rail, sur lequel viendrait, rouler la périphérie rigide de cette jante.
La turbine, avec ses perfectionnements successifs, mérite aussid’être mentionnée dans celte revue. La construction moderne de cemoteur dérive directement de celle de la roue à hérisson du Tyrolet des montagnes de la Suisse . Dans cette roue, les filets d’eau, enjaillissant sur tout le pourtour et en produisant des tourbillonne-ments et des remous, venaient se projeter sur les palettes informesdont la roue était armée et donnaient lieu ainsi à une clôture vio-lente de force; dans la turbine moderne, au contraire, l’accouple-ment de ces filets avec la roue, dont l’exécution est très-soignée,présente une précision remarquable.
La trituration des minerais, exécutée d’abord avec l’appareilprimitif à pilons (le bocard), puis avec des cylindres compresseurs,lesquels, pendant longtemps, semblèrent constituer une solutionsatisfaisante, s’effectue aujourd’hui avec la machine à broyer, quis’est introduite, pour ainsi dire, subitement et qui a pris une impor-tance telle que, sans elle, un haut fourneau pourrait à peine exister;nous trouvons là un exemple du passage du système de clôtureproduit par les forces sensibles de masses pesantes, douées d’unmouvement vertical alternatif, au système constitué par les forceslatentes d’un mécanisme à levier composé. On peut constater unetransformation analogue dans le remplacement des anciens mar-teaux de forge à bascule et à soulèvement par les cylindres compres-seurs, les laminoirs et autres appareils en usage aujourd’hui.
La mécanique agricole, bien que d’origine relativement récente,