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ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.
La même conclusion s’applique également aux pompes (qui sontsimplement des machines à changement de lieu), aux métiers delissage, aux machines à fraiser, aux scies (qui sont à la fois desmachines à changement de forme et de lieu), etc.; d’une ma-nière générale, elle est applicable à toutes les machines dispo-sées pour être mises en mouvement par des machines motrices.Ces machines sont, comme nous le voyons, celles qu’on désignetrès-convenablement sous le nom collectif de machines de travail,ou de machines-outils, et qu’on considère, avec raison, comme desmachines indépendantes. Ainsi se trouve justifiée, par des raisonsrigoureusement théoriques, l’opinion des constructeurs qui, depuislongtemps, considéraient ces dispositifs comme constituant desmachines complètes et se trouvaient, par là, en opposition avec lesconceptions des théoriciens de l’ancienne école.
Nous avons maintenant à considérer encore les machines de tra-vail qui sont mises en mouvement par des forces animées. Nousavons vu précédemment que, dans ces machines, le corps del’homme ou de l’animal forme, avec le mécanisme donné, unenchaînement cinématique, parfois très-compliqué. Cette complica-tion spéciale tient à la partie organique delà chaîne, puisque laproduction des mouvements nécessaires, dans les membres de cettechaîne, exige une concordance particulière entre les actions desforces intérieures, mises en jeu par la volonté. Si nous observonsmaintenant que, dans les exemples cités, la meule à pédale, lagrue, etc., de môme que dans la roue à échclier, la pompe à main,le manège à cheval, etc., le mécanisme qui doit être mis en mou-vement par la force musculaire appartient à une chaîne cinéma-tique fermée, nous voyons que la relation entre l’être organiquemoteur et la machine inorganique est précisément la même quecelle qui existe entre une machine motrice et la machine qu'ellefait mouvoir. L’ètrc animé doit donc être considéré comme unemachine motrice, susceptible d’être utilisée pour faire mouvoirconvenablement une machine opératrice, grâce au mouvement quepeut posséder une quelconque de scs parties, le bras, la main, lepied, etc. On a souvent comparé la locomotive a un cheval, et onl’a désignée sous le nom de cheval à vapeur ; nous pouvons retour-ner la comparaison et considérer le cheval attaché à un manège(fig. 505) comme la locomotive de ce manège. En réalité, dans cecas, le cheval n’accomplit directement pas d’autre travail quecelui de se mouvoir en surmontant une certaine résistance. La