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ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.
des machines; mais il nous paraît cependant utile d’établir icicertains principes généraux, qui nous permet Iront de tirer quel-ques conclusions au sujet des machines dans lesquelles l’hommeintervient, comme coopérateur, pour la transformation de la pièced’œuvre.
Dans quelques machines, le concours de la main de l’hommeest essentiel pour la confection du produit définitif. Tel est lecas, par exemple, pour le fuseau à main ; c’est la iîlcuse qui exé-cute et règle une partie importante du changement de forme quedoivent subir les fibres de la matière textile. Sa main s’ajoute,dans ce cas, comme organe, au mécanisme, en formant un enchaî-nement cinématique très-compliqué, dont les mouvements sontdirigés par sa volonté. Nous nous trouvons donc ici en présenced’un procédé qui, par sa nature, est tout à fait analogue à celuidont il a été précédemment question, au sujet de la meule à aigui-ser. Dans le rouet à filer, où le mouvement est donné par le pied,l’action machinale de l’êlre animé est double. La meule est, dureste, un autre exemple de celle double action de l’homme dansune machine inanimée.
Il en est encore exactement de même avec la machine à coudre.Dans quelques-unes des dispositions de celte machine, l’une desmains de l’ouvrière fait mouvoir le mécanisme, tandis que laseconde guide l’étoffe ; dans d’autres, au contraire, et c’est le casle plus ordinaire, le mécanisme est mis en mouvement par lespieds, et les deux mains sont occupées à diriger la pièce à coudre,occupation qui est souvent assez compliquée.
Dans l’aiguisage des aiguilles sur la meule, l’action de l’ouvrierest, en réalité, une action tout à fait machinale. Placé en avant dela meule, à laquelle il n’a pas à donner le mouvement, il promène*sur sa surface, alternativement dans les deux sens, les aiguillesréunies eu paquets, en ayant soin de les faire rouler régulièremententre le pouce et les deux doigts suivants, de manière à arriver àleur donner finalement, à la pointe, la forme conoïdalc qu’elles pré-sentent dans le commerce, et qui est précisément la forme-enve-loppe du mouvement qu’elles décrivent par rapport à la surfacecylindrique de la meule.
Dans les fabriques d’aiguilles, de création récente, le concours del’ouvrier, pour celle opération machinale de l’aiguisage, se trouvemême notablement réduit ; le mouvement d’entrainement et deroulement des aiguilles s’obtient, en effet, au moyeu d’un méca-