Buch 
Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
Entstehung
Seite
530
JPEG-Download
 

550

ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.

des machines; mais il nous paraît cependant utile détablir icicertains principes généraux, qui nous permet Iront de tirer quel-ques conclusions au sujet des machines dans lesquelles lhommeintervient, comme coopérateur, pour la transformation de la piècedœuvre.

Dans quelques machines, le concours de la main de lhommeest essentiel pour la confection du produit définitif. Tel est lecas, par exemple, pour le fuseau à main ; cest la iîlcuse qui exé-cute et règle une partie importante du changement de forme quedoivent subir les fibres de la matière textile. Sa main sajoute,dans ce cas, comme organe, au mécanisme, en formant un enchaî-nement cinématique très-compliqué, dont les mouvements sontdirigés par sa volonté. Nous nous trouvons donc ici en présencedun procédé qui, par sa nature, est tout à fait analogue à celuidont il a été précédemment question, au sujet de la meule à aigui-ser. Dans le rouet à filer, le mouvement est donné par le pied,laction machinale de lêlre animé est double. La meule est, dureste, un autre exemple de celle double action de lhomme dansune machine inanimée.

Il en est encore exactement de même avec la machine à coudre.Dans quelques-unes des dispositions de celte machine, lune desmains de louvrière fait mouvoir le mécanisme, tandis que laseconde guide létoffe ; dans dautres, au contraire, et cest le casle plus ordinaire, le mécanisme est mis en mouvement par lespieds, et les deux mains sont occupées à diriger la pièce à coudre,occupation qui est souvent assez compliquée.

Dans laiguisage des aiguilles sur la meule, laction de louvrierest, en réalité, une action tout à fait machinale. Placé en avant dela meule, à laquelle il na pas à donner le mouvement, il promène*sur sa surface, alternativement dans les deux sens, les aiguillesréunies eu paquets, en ayant soin de les faire rouler régulièremententre le pouce et les deux doigts suivants, de manière à arriver àleur donner finalement, à la pointe, la forme conoïdalc quelles pré-sentent dans le commerce, et qui est précisément la forme-enve-loppe du mouvement quelles décrivent par rapport à la surfacecylindrique de la meule.

Dans les fabriques daiguilles, de création récente, le concours delouvrier, pour celle opération machinale de laiguisage, se trouvemême notablement réduit ; le mouvement dentrainement et deroulement des aiguilles sobtient, en effet, au moyeu dun méca-