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Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
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ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.

plus marquée, à demander la solution de chaque question à des pro-cédés particuliers qui, le plus souvent, différent complètement desprocédés de la nature. Pendant longtemps, les efforts faits en vuede la création de la machine à coudre sont restés infructueux, parcequon sobstinait à vouloir reproduire la couture à la main ; mais,à partir du moment lon se fut décidé à introduire un nouveaumode de couture mieux en rapport avec les exigences mécaniques,le charme fut rompu et la machine à coudre ne tarda pas à passerdans le domaine de la pratique. Le laminoir, dont le mode de tra-vail est si différent du forgeage au marteau, a contribué, dans uneforte mesure, à développer la production du fer. Certains moulins,dans lesquels on avait cherché à imiter les fonctions des dents delhomme, ont eu un insuccès complet.

Lancienne méthode suivie par les inventeurs reposait sur uneconception de philosophie naturelle, sur le dogme téléologique dela prévoyance de la nature ou de la convenance parfaite des moyensquelle emploie. Depuis le jour la mécanique a cessé de prendrece dogme comme guide de scs recherches, elle est entrée dans lavoie du développement que nous constatons aujourdhui. Il ny aguère que les rêveurs qui cherchent encore, de temps à autre, àimiter les procédés naturels et qui, par des sacrifices disproportion-nés de temps et dargent, arrivent à se convaincre que létude ri-goureuse de la nature doit avoir uniquement pour but la décou-verte de ses lois.

Il est évident, daprès cela, que nous devons nous attendre à ceque la machinofacture, dans un avenir peu éloigné, soit devenue larègle et ait transformé toute la mécanique pratique. Dune manièreplus générale, nous pouvons dire encore quon est arrivé aujour-dhui à tirer du principe fondamental des machines, avec une rapi-dité toujours croissante, les conséquences qui sy trouvent contenuesdès lorigine. Il nous reste maintenant à examiner la machinofac-ture à un point de vue spécial, celui de la question ouvrière.

Les différents exemples que nous avons cités montrent que lamachinofacture, dans son développement,na pas rencontré, ou, dumoins, a évité les difficultés de tout genre qui se sont présentéesdans le problème delà force. Aussi la machine-outil est-elle arrivéeaujourd hui à un tel degré de perfection quelle peut être considé-rée comme légale de la machine motrice, dont lorigine est pour-tant plus ancienne. La machinofacture, qui, jusquà ces dernières

années, n avait c ' assez lent, est arrivée, pour