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ANALYSE DES MACHINES COMPLÈTES.
plus marquée, à demander la solution de chaque question à des pro-cédés particuliers qui, le plus souvent, différent complètement desprocédés de la nature. Pendant longtemps, les efforts faits en vuede la création de la machine à coudre sont restés infructueux, parcequ’on s’obstinait à vouloir reproduire la couture à la main ; mais,à partir du moment où l’on se fut décidé à introduire un nouveaumode de couture mieux en rapport avec les exigences mécaniques,le charme fut rompu et la machine à coudre ne tarda pas à passerdans le domaine de la pratique. Le laminoir, dont le mode de tra-vail est si différent du forgeage au marteau, a contribué, dans uneforte mesure, à développer la production du fer. Certains moulins,dans lesquels on avait cherché à imiter les fonctions des dents del’homme, ont eu un insuccès complet.
L’ancienne méthode suivie par les inventeurs reposait sur uneconception de philosophie naturelle, sur le dogme téléologique dela prévoyance de la nature ou de la convenance parfaite des moyensqu’elle emploie. Depuis le jour où la mécanique a cessé de prendrece dogme comme guide de scs recherches, elle est entrée dans lavoie du développement que nous constatons aujourd’hui. Il n’y aguère que les rêveurs qui cherchent encore, de temps à autre, àimiter les procédés naturels et qui, par des sacrifices disproportion-nés de temps et d’argent, arrivent à se convaincre que l’étude ri-goureuse de la nature doit avoir uniquement pour but la décou-verte de ses lois.
Il est évident, d’après cela, que nous devons nous attendre à ceque la machinofacture, dans un avenir peu éloigné, soit devenue larègle et ait transformé toute la mécanique pratique. D’une manièreplus générale, nous pouvons dire encore qu’on est arrivé aujour-d’hui à tirer du principe fondamental des machines, avec une rapi-dité toujours croissante, les conséquences qui s’y trouvent contenuesdès l’origine. Il nous reste maintenant à examiner la machinofac-ture à un point de vue spécial, celui de la question ouvrière.
Les différents exemples que nous avons cités montrent que lamachinofacture, dans son développement,n’a pas rencontré, ou, dumoins, a évité les difficultés de tout genre qui se sont présentéesdans le problème delà force. Aussi la machine-outil est-elle arrivéeaujourd hui à un tel degré de perfection qu’elle peut être considé-rée comme l’égale de la machine motrice, dont l’origine est pour-tant plus ancienne. La machinofacture, qui, jusqu’à ces dernières
années, n avait c ’ ' assez lent, est arrivée, pour