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Cinématique : principes fondamentaux d'une théorie générale des machines / par F. Reuleaux ; traduit . de l'allemand par A. Debize
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IMPORTANCE DES MACHINES AU POINT RE VUE SOCIAL. 555

ainsi dire, dun seul Irait, en ce qui regarde la variété des applica-tions du mouvement, à un état davancement tout à fait comparableà celui que la machine motrice na atteint quau bout dun siècleet demi defforts. Toutes les deux tendent, du reste, au même but,la transformation de plus en plus complète du mode de travail delhomme, et peut être y a-t-il pour la société une cause de dan-gers, sur laquelle il convient de ne pas trop fermer les yeux.

Quil nous soit permis de faire observer, en passant, que le prin-cipe de la machinofacture se trouve, au moins partiellement, encontradiction avec celui de la division du travail. Avec une ma-chine-outil moderne, la coopération de louvrier ne consiste plus,en effet, dans lexécution dune fraction, de plus en plus faible, delensemble du produit, comme le veut le principe si vanté de ladivision du travail. 11 est visible, au contraire, que le même ouvrierse trouve chargé de plusieurs opérations, pour lesquelles il exercesurtout le rôle de surveillant, tandis que la machine effectue, sinonla totalité, du moins la plus grande partie du travail. Il nousparait,dès lors, indispensable, pour les économistes, dintroduire, commenouveaux facteurs, les principes tout à fait spéciaux que nous noussommes efforcés détablir dune manière scientifique et sur lesquelsrepose la théorie générale des machines. Cette nécessité simposeplus particulièrement encore à ces économistes pour lesquels cestune maxime fondamentale que tous les principes en lutte doiventfinir par saccommoder pour le plus grand bien de la société; il nestpas douteux, pour nous, quils ne se sont jamais suffisamment renducompte de la puissance positive des machines et des conséquencesquelles tendent à produire.

Aujourdhui la machine est arrivée, dans certains cas, à untel degré dautomatisme, quon pourrait presque la supposer douéefie discernement; elle arrive parfois à se substituer presque complè-tement à l'homme ; le génie de celui qui la inventée en anime tonsles organes et les oblige, en quelque sorte, a réaliser, avec unelogique inexorable, une série de conceptions plus ou moins compli-quées, tandis que, par une cruelle ironie, lhomme qui la sert des-cend au rang de machine (52). Dans les usines modernes les plusperfectionnées, on a généralement lhabitude de faire permuter lesouvriers qui desservent les différents appareils, de manière àlompre la monotonie du travail, qui finirait par devenir intoléra-ble et à permettre, en outre, à un même ouvrier de se familiarisersuccessivement avec une série de machines; son activité se trouve