QUATRIÈME PARTIE.
DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE ET STATISTIQUE.
--O Ml — -
LIMITES ET ENSEMBLE DE L’EMPIRE.
L’empire ottoman , malgré les vastes territoires qui lui ont étéenlevés, soit par la guerre extérieure, soit par la révolte, est encoreun colosse politique. L’empire de la Chine, celui de Russie et lamonarchie britannique sont seuls plus étendus. 11 comprend eneffet, avec les États de Tunis et de Tripoli , ses tributaires, et avecl’Égypte , qui lui tient encore par plus d’un lien, une superficie de222,454 lieues géographiques carrées de 25 au degré. Ses brasgigantesques enlacent les plus belles portions de l’ancien conti-nent, commandant à peu près à ce qui obéissait en 595 de Jésus-Christ à l’empereur de Constantinople , alors le plus riche mo-narque de l’univers historique.
Le 15 e degré et le 46 e degré de longitude orientale, le 51 e de-gré et le 48 e degré de latitude septentrionale forment les limitesmathématiques des terres qui relèvent du sultan. Ces terres sontpartagées par tous les géographes sous les trois titres différentsde Turquie d’Europe, Turquie d’Asie et Afrique ottomane .
La partie européenne a pour bornes : Au nord, les confins mili-taires dans l’empire d’Autriche, le Danube avec les principautésde Servie, de Moldavie, de Valachie et la Bessarabie russe ; à l’est,la mer Noire, le Bosphore, l’Hellespont, l’Archipel , le royaumegrec et la Méditerranée ; à l’ouest, la mer Ionienne, la mer Adria-tique, la Dalmatie et les confins militaires. Cette partie renfermepar conséquent la Roumilie, c’est-à-dire la Thessalie, la Macédoine et la Thrace, la Bulgarie, l’Albanie ; c’est-à-dire l’Épire, l’Acarna-nie et l’Étolie ; enfin l’Herzégowine et la Bosnie . Toute l’ancienneTurquie d’Europe, moins la Bessarabie et une partie de la Molda-vie cédée à la Russie , moins les principautés slaves nommées plushaut, forment donc le territoire que l’empire ottoman possède ac-tuellement en Europe. Il faut y joindre les pays de Butrinto ,Parga, Preveza et Vinitza, naguère appartenant à la république deVenise. De Constantinople , extrémité de ce territoire, jusqu’à la
frontière de la Croatie autrichienne , on compte deux cent soixante-dix lieues.
La Turquie asiatique a pour bornes : Au nord, les Dardanelles ,la mer de Marmara, le détroit de Constantinople, la mer Noire etl’Asie russe ; à l’est, l’Asie russe et le royaume actuel de Perse ;au sud, l’Arabie non ottomane; à l’ouest, la Méditerranée et l’Ar-ehipel. Six grandes régions se partagent la Turquie d’Asie pro-prement dite ; ce sont l’Anatolie, l’Arménie , le Kurdistan, I'Al-Djésireh ou Mésopotamie, l’Irak-Arabi et la Syrie . Il faut y joindre,pour avoir l’ensemble des provinces ottomanes de l’Asie , les vastesdépendances de l’Arabie, c’est-à-dire toute l’Arabie , moins l’ima-nat de Maskate , les imanats de Makalla, de Beladser, les pays duNedjed et les quelques établissements européens d’Aden , Moka, etc.Des Dardanelles au golfe Persique , on compte cinq cent soixante-dix lieues.
L’Afrique ottomane peut, ainsi que l’Arabie , ne plus être re-gardée comme faisant partie de l’empire des sultans. Cepen-dant tous les liens ne sont pas rompus; il faut au moins la con-sidérer comme dépendance. Elle comprend trois parties princi-pales : L’Égypte et ce qui compose en Afrique la vice-royautéd’Égypte; le beylik de Tunis et la régence de Tripoli. Les bornesde la première sont : Au sud, la Nubie ; à l’ouest, le désert deLybie; au nord, la Méditerranée; à l’est, la mer Rouge . Il fautajouter au territoire compris dans ces limites, comme dépendancesde la vice-royauté en Afrique , les Oasis qui s’étendent sur les deuxrives du Nil, au-delà de l’Égypte; la Nubie , le Kordovan et l’Abys-sinie. La régence de Tunis a pour bornes la Méditerranée au nord,l’Algérie à l’ouest, le Tripoli à l’est, et le désert au sud. La Ré-gence de Tripoli est limitée à l’est par l’Égypte , à l’ouest par l’étatde Tunis, au sud par le désert, le Fezzan et le pays des Touariks,au nord par la Méditerranée .
DIVISIONS ADMINISTRATIVES.
Sous le l'apport de l’administration intérieure, l’empire offretrois classes de gouvernements ou de divisions administratives. Cesont les gouvernements appelés aussi Eyalets ; les Sandjaks, appe-lés aussi Liwas, et les Voiéwodies.
Les chefs de ces différentes circonscriptions territoriales sont,les uns, absolus dans la gestion des affaires locales : on les nommeMoutezarif; les autres n’ont pour ainsi dire qu’en fermages leursgouvernements : ce sont les Moutezellims. Le titre de pacha ac-compagne toujours une délégation importante du pouvoir. Quel-ques sandjaks relèvent de certains gouvernements; mais la plupartsont indépendants.
On doit compter aujourd’hui dans l’empire vingt-sept gouver-nements :
CHEFS-LIEUX :
Gouvernement du Kapoudan-Paclia ou des Djezairs. Gallipoli.
CHEFS-LIEUX.
Gouvernement de Roumili.
Sopliia.
Bosna Serai.
1» En Asie-Mineure.
- de Karamanie.
- de Merâch.
Merâch.
- de Siwas.
Siwas.
- de Trebizonde ou Trabezonde.
Trebizonde.
-de Candie.
Candie.
- de Wan.
Wan.
- de Karss.
Karss.
- de Tschildir.
Tschildir.